Le test controversé sur la taxe au kilomètre démarre ce lundi

Un millier d’automobilistes vont participer pendant huit semaines à un projet de taxation au kilomètre.

Journaliste au service Web Temps de lecture: 3 min

Ce projet trouve son origine dans un accord conclu en 2011 entre les trois Régions à propos de la taxation des poids lourds.

1.200 personnes vont tester dès ce lundi la taxation kilométrique qui consiste à acquitter jusqu’à 9 cents par kilomètre parcouru au sein de la zone RER (Bruxelles, sa périphérie et les zones couvertes par le futur réseau express régional), contre 5 cents sur l’autoroute et 6,5 sur les autres routes. Un GPS calculera les distances parcoures. Un tarif modulé en fonction de l’heure de circulation et des caractéristiques du véhicule. Après un mois d’écolage, le test proprement dit durera un mois. Les résultats sont attendus mi-mai.

Il s’agit bien d’un test. Aucune décision n’a été prise par les différents gouvernements régionaux.

Ce qu’en pensent les politiques

Le président du PS, Paul Magnette n’a pas laissé d’ambiguïté : « Je suis parfaitement clair, je suis radicalement contre ». Le président du PS a estimé que « les automobilistes payaient déjà assez de taxes comme ça. On ne va pas alourdir encore cette facture, car ça pénaliserait les travailleurs et les familles ».sur les voitures est déjà forte, il n’est pas question de l’alourdir ».

Quant à Rudy Vervoort, il affirme qu’« une tarification kilométrique ne peut ajouter une nouvelle taxe !  ». Le ministre-président bruxellois souligne qu’elle doit « au contraire supprimer et remplacer la taxation actuelle, qui est injuste et qui frappe indistinctement les grands usagers de la route et les petits.  » Rudy Vervoort estime «  indispensable que des mesures fortes soient prises afin de réduire la congestion  » de Bruxelles. Elio Di Rupo a dit la même chose : « Je ne veux en aucun cas que l’on accroît la fiscalité sur les citoyens et sur les automobilistes, surtout s’ils habitent dans des endroits reculés ».

Ecolo se dit déterminé à mettre en œuvre des solutions concrètes pour répondre aux questions de mobilité à Bruxelles et en Wallonie mais Ecolo s’opposera à la mise en œuvre d’un dispositif qui n’offre pas les garanties suffisantes pour protéger la vie privée, le portefeuille et le quotidien des citoyens. Aucune de ces conditions n’est remplie à ce stade, estime Ecolo.

Du côté du CDH, le président Benoît Lutgen a rappelé qu’il était « radicalement opposé  » au projet concernant les particuliers. « Il s’agit d’une mauvaise solution à un réel problème de mobilité. Un tel système serait incontrôlable, très coûteux en fonctionnement et reviendrait à asphyxier les travailleurs et les ruraux ! », estime-t-il. Pour les humanistes, la priorité est de développer un Réseau Express de Covoiturage, accélérer les travaux du RER, augmenter l’offre de transports en commun en zone rurale, favoriser le télétravail et le « coworking ».

Le MR a réaffirmé son opposition au projet. Les libéraux estiment prioritaire le développement de l’offre de transports en commun et la création de parkings de dissuasion aux entrées de Bruxelles. «  Ensuite on peut penser à une taxe mais celle-ci ne peut en aucun cas augmenter la charge sur les véhicules. Pour l’automobiliste, au final il faut que cela soit neutre », a commenté Françoise Schepmans, bourgmestre de Molenbeek. « Ce n’est pas en taxant les citoyens qu’on réglera le problème », a déclaré de son côté Vincent De Wolf, tête de liste MR à Bruxelles.

Enfin, les FDF ont fustigé le projet. Selon le député bruxellois, Emmanuel De Bock, la taxe va « toucher lourdement les Bruxellois et favoriser l’exode urbain des entreprises et classes moyennes ».

Ce qu’en pensent les citoyens

Une pétition intitulée « Non à la taxe kilométrique-Neen aan de kilometerheffing » lancée sur petitions24.net a recueilli à l’heure où nous écrivons ces lignes, plus de 167.000 signatures.

Un appel a été aussi lancé sur Facebook de prendre les transports en commun le lundi 31 mars. L’idée étant de démonter que si on ne prend plus sa voiture, les transports en commun seront engorgés.

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