La zone franche du canal peu créatrice d’emplois

BRUXELLES. Certains abords du canal deviendront une zone franche. Une étude de l’UCL relativise son impact sur la création d’emplois.

Journaliste au service Bruxelles Temps de lecture: 3 min

En janvier, le parlement bruxellois votait la création d’une zone d’économie urbaine stimulée (ZEUS). Cette zone franche, située le long du canal d’Anderlecht à Schaerbeek, doit inciter l’installation de nouvelles entreprises dans le quartier. Si elles engagent au minium 30 % de leur personnel parmi des habitants de la zone, alors elles toucheront, pendant deux ans, une aide de 15.000 euros par tête. Une bonne idée à la base pour des quartiers avec un fort taux de chômage et dont les entreprises ont plutôt tendance à vouloir s’enfuir qu’à s’y installer durablement.

Cependant, une étude de l’UCL menée par Florian Mayneris tempère l’enthousiasme du gouvernement bruxellois. Le chercheur se base sur des expériences similaires en Wallonie mais aussi aux Etats-Unis, en Angleterre ou en France. Les résultats sont variables en fonction des zones évaluées et de méthodes utilisées mais un certain nombre de résultats convergents laissent le chercheur sceptique.

L’étude met en garde contre l’effet de déplacement des entreprises. En fait, la plupart des entreprises qui se sont installées dans ces zones franches, se sont simplement déplacées. Il ne s’agit donc pas d’une création nette d’emploi. Les gains se font en contrepartie de la zone limitrophe. De plus, cette mesure n’est efficace que si le territoire concerné ne souffre que d’un léger déficit d’attraction. Il doit de toute façon être bien desservi en transports en commun.

Dans les autres pays, les emplois créés ne bénéficiaient pas toujours aux chômeurs de la zone. Ici, le gouvernement bruxellois a décidé de protéger les habitants de la ZEUS en obligeant les sociétés à ce qu’au moins 30 % de leur personnel habitent le quartier. « Mais ils ne sont pas obligés d’y rester, explique le député de l’opposition FDF, Emmanuel De Bock. Une personne peut se domicilier dans la zone franche puis déménager six mois plus tard. L’entreprise, elle, touchera quand même les 30.000 euros d’aide. En plus, la zone du canal n’a pas le plus haut taux de chômage. La mesure devrait s’appliquer à tous les chômeurs bruxellois et que la limite se calcule plutôt selon la durée de leur non-activité. Ainsi, les Tennoodois auraient pu être aidés ce qui n’est pas le cas avec cette loi alors que c’est la commune qui a le plus haut taux de chômage. Nous instaurons donc une concurrence entre les défavorisés. »

Enfin, l’étude révèle que bien souvent, les entreprises qui bénéficient des aides, sont de très petites tailles et mobiles. Il s’agit du secteur des professions médicales qui utilisent les avantages fiscaux avant de se délocaliser et d’emporter leur clientèle. Le chercheur en conclut que la mesure ne serait pas réellement bénéfique pour lutter contre le chômage dans la zone du canal.

Pour le moment, les arrêtés d’application sont toujours attendus. Les premières aides n’arriveraient donc que vers la fin 2014 au mieux.

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