Le bras d’honneur de Poutine aux Occidentaux

Chef du service Monde Temps de lecture: 2 min

Deux heures durant, lundi en fin d’après-midi, experts et journalistes ont débattu des sanctions arrêtées le jour même par les États-Unis et l’Union européenne à l’encontre de 32 responsables russes. Les avis étaient partagés entre ceux qui considéraient que les responsables visés, en particulier par la liste européenne, est de bas étage, et ceux qui constataient que le seul fait de sanctionner des dirigeants russes – le pays est tout de même l’un des cinq membres permanents du Conseil de sécurité – constitue déjà un événement grave et inédit. Quant à l’efficacité des sanctions, l’opinion était plus unanime : personne ne pensait sérieusement qu’elles étaient susceptibles de produire auprès de Vladimir Poutine l’effet recherché : une marche arrière sur l’annexion rampante de la Crimée. Mais on escomptait au moins que ces sanctions soulignent au gros trait la « ligne rouge » à ne pas dépasser par la Russie de Poutine : une plus grande déstabilisation de l’Ukraine, à l’Est, au Sud...

Quatre heures après la fin du Conseil des Affaires étrangères de l’UE (soit moins de temps qu’il n’en faut à ses membres pour convenir d’une date de réunion), le président russe a donné sa réponse : en annonçant qu’il reconnaît la souveraineté et l’indépendance de la Crimée, Vladimir Poutine n’a fait ni plus ni moins qu’adresser un bras d’honneur aux États-Unis et à l’Union européenne.

Depuis le début de sa « blitzkrieg », on ne peut reprocher au président russe de faire traîner les choses en longueur. A chaque étape, aux longues périodes de maturation et de prise des décisions européennes (même si elles sont brèves au regard de standards UE) le président russe joue le coup suivant en cinq sec. L’image, échiquéenne, est cruelle : on reconnaît le joueur qui a prévu sa séquence de coups à l’avance, et celui qui découvre une nouvelle situation à chaque coup. L’efficacité et la rapidité de Vladimir Poutine ne confèrent aucune légitimité à son entreprise. Mais la complexité de l’Europe ne peut être une justification suffisante à sa navigation à vue actuelle. La Russie de Poutine ne sortira pas gagnante, à long terme, de l’affaire ukrainienne. Mais à ce jour, les Occidentaux sont encore loin d’avoir trouvé la parade pour empêcher Poutine et les siens d’infliger des dommages considérables, et durables, à l’Ukraine.

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