Après l’orage, le bassin solidaire

Un principe de base : ensemble on est plus fort. Mais aussi mieux informé et donc apte à peser sur une problématique, en l’occurrence : celle des inondations. Baptisé Bassin versant solidaire, ce projet doit être porté sur les fonts baptismaux ce mardi, à Forest. Une première à Bruxelles, « voire en Belgique et en Europe », annonce Dominique Naplas, coordinateur des Etats-généraux de l’eau à Bruxelles, une plate-forme de citoyens et d’associations née fin 2012 pour « réconcilier la ville avec l’eau ».

Autre cheville ouvrière, la commune qui, de par sa position géographique, vit très régulièrement au rythme des inondations. « Dont la gestion ne passe pas seulement par les grandes infrastructures que sont les bassins d’orage », rappelle notre interlocuteur qui défend l’idée de réunir les savoirs des citoyens et autres comités en vue de mettre sur pied une série de propositions en la matière. « En créant une sorte de forum hybride réunissant des experts et des non-experts autour de la gestion de l’eau », poursuit Dominique Naplas. En première ligne, les habitants sont ainsi souvent les mieux placés. Pour dresser le constat. « Ils sont à même de dire par où passe l’eau ou encore où elle stagne. » Comme pour la mise en place de solutions. « L’objectif étant de créer un maximum de dispositifs si possible reliés les uns aux autres : de la toiture verte aux jardins d’orage en passant par les citernes de récolte d’eau de pluies. » Un impact citoyen qui peut également jouer lors de chaque réaménagement de l’espace public. « On peut alors peser sur une gestion de l’eau aujourd’hui encore souvent dominée par la tuyauterie. »

On l’a dit, la zone délimitée pour ce projet pilote a pour nom Bassin-versant. Soit une zone géographique dont les limites sont les lignes de crête qui l’entourent. Un bassin vers lequel convergent les flots et où ils restent parfois prisonniers. « La zone retenue est assez large puisqu’elle s’étend de la rue du Pont-de-Luttre, au nord, et jusqu’au Bempt à l’autre extrémité », précise Jean-Claude Englebert (Ecolo), l’échevin forestois de l’environnement qui se réjouit du lancement du projet. « Qui consiste à la fois à voir l’eau comme élément de vie et à se l’approprier de manière collective. Historiquement, le bas de Forest était une zone marécageuse que l’on a aménagée avec du béton et des voiries en enfouissant l’eau. Pourquoi ne pas recréer des points de résurgence ? » Une rivière urbaine à Forest, une des pistes qu’envisageront sans doute les participants qui s’inspireront peut-être aussi d’outils déjà disponibles à Forest comme cette cartographie interactive réalisée lors d’un précédent contrat de quartier.

Une cinquantaine de personnes sont en tout cas attendues à la première table ronde, prévue ce mardi. « L’occasion de lancer le processus en présentant le projet avant de lancer les groupes de travail. »