Barack Obama en Belgique: n’exagère-t-on pas avec la sécurité?

Ce mercredi s’annonce compliqué pour les Bruxellois et les navetteurs amenés à circuler dans le Pentagone et le quartier européen. En cause, les mesures de sécurité exceptionnelles prises pour la première visite en Belgique du président américain Barack Obama. Exceptionnelles ? Benoît Ramaker, le porte-parole du Centre de crise du ministère de l’Intérieur, se rengorge.

« Je pense sincèrement que les mesures de sécurité mises en place pour la visite de Barack Obama ne sont pas exagérées au regard de tous les sommets internationaux et de toutes les visites officielles organisées à Bruxelles, estime-t-il. Quand on observe l’organisation d’événements internationaux dans d’autres villes étrangères, on se rend compte que celles-ci sont transformées en véritables places fortes ; ce n’est pas du tout le cas à Bruxelles. Bruxelles reste une ville ouverte, accueillante, où tout le monde peut continuer à circuler, même s’il y a bien sûr des lieux qui sont plus sécurisés. Ainsi, quand un sommet européen est organisé, on sait très bien qu’il ne faut pas aller autour du rond-point Schuman. Mais cela reste limité par rapport à tout Bruxelles. Ici, il est clair que le périmètre de l’hôtel où logera Barack Obama sera sécurisé, mais ce n’est pas non plus tout le quartier Louise qui sera bloqué. »

Sauf qu’avec la visite du président américain, les mesures de sécurité semblent tout de même avoir été poussées un cran plus loin. Ainsi, à l’heure de mettre cette édition sous presse, on ne savait toujours pas quels tunnels de la Petite Ceinture seraient inaccessibles ce mercredi, ni durant quelle période de la journée…

« C’est normal, répond Benoît Ramaker. Quand un chef d’État étranger se déplace, il y a toujours deux ou trois itinéraires qui sont prévus et celui qui sera finalement emprunté est choisi en dernière minute, pour des raisons de sécurité. Il est donc logique que l’on ne communique pas tout de suite là-dessus, parce que sinon on donnerait tout simplement le trajet qui sera emprunté. J’ai lu par ailleurs que l’espace aérien sera complètement fermé… Non. Il va y avoir une suspension temporaire et limitée quand le vol présidentiel arrivera, mais il ne s’agit pas d’une fermeture de l’espace aérien durant toute la journée. Il faut raison garder. »

Au fond, qui décide de ces mesures de sécurité ? «  Depuis plusieurs mois, des réunions de coordination ont lieu au Centre de crise entre les services belges compétents en matière de sécurité et les services américains, explique Benoît Ramaker. Les services américains souhaitent tels types de protection, on en discute et nous décidons, puisque cela reste l’État hôte qui est compétent et responsable en matière de sécurité. »

Discrétion oblige, on ne pourra pas savoir si les autorités belges ont reçu des demandes « hors normes » de la part des Américains, ni si certaines de leurs exigences n’ont pas été rencontrées. Ce qui est sûr en revanche, c’est que l’ampleur du dispositif de sécurité est établie de manière centralisée – les différents services de sécurité ne décident pas chacun dans son coin.

« Il existe une échelle de graduation au niveau de l’Organe de coordination pour l’analyse de la menace, relate le porte-parole du Centre de crise. L’Ocam récolte les informations des services de renseignements et de la police belges ainsi que des services étrangers et remet au gouvernement belge une analyse cohérente de la menace. L’Ocam peut donner des évaluations de menace de 1 à 4. Pour la période que nous vivons, tout Bruxelles est mis en niveau 3. Il y a donc certaines mesures spécifiques qui sont prises, mais qui sont mois strictes que celles prévues au niveau maximum, le niveau 4, que l’on a connu en décembre 2007, lorsqu’on a eu une menace très claire d’attentat, qui a notamment conduit à l’annulation du feu d’artifice de Nouvel An. »

Pour la police fédérale et surtout la zone de police Bruxelles-Ixelles (la principale concernée par les sommets européens) et les visites de chefs d’Etat, la dernière semaine du mois de mars et la première d’avril sont particulièrement chargées. Le bourgmestre de la Ville de Bruxelles estimait d’ailleurs la semaine dernière que la limite était atteinte. Rien que pour la visite d’Obama, 1.500 policiers ont été mobilisés et beaucoup ont dû adapter leurs demandes de congé en conséquence.

10 choses à ne pas faire à cause d’Obama

1Se déplacer en voiture sera très compliqué, surtout autour de Schuman, entre la place Louise et la porte de Namur, autour du parc de Bruxelles.

2Le stationnement dans ces mêmes zones sera interdit, vélos inclus !

3Interdiction formelle de sortir ses poubelles dans ces rues.

4Prendre les bus 12, 21, 22, 27, 36, 60, 64, 79, 34, 38, 54, 71 et 95, c’est s’exposer à des retards et des modifications de trajet.

5 Trafic aérien perturbé. L’aéroport reste ouvert, mais il faudra s’attendre à de légers retards à l’arrivée et au départ d’Obama.

6Les expositions à Bozar ne seront pas accessibles. Le concert du KlaraFestival de 20 heures se donnera avec une demi-heure de retard.

7Croiser Obama sera impossible. Son convoi sera plus voyant.

8 The Hotel (ex-Hilton) affiche complet. Impossible d’y avoir une chambre.

9Jeter ses déchets sera compliqué : les poubelles du métro sont scellées.

10Idem, en surface, dans les périmètres de sécurité.