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Thank you, Mister President

Chef du service Monde Temps de lecture: 3 min

Paroles, paroles, paroles ! Les esprits chagrins se méfient par principe des beaux discours, où ils ne voient qu’effets de manche et perfidie.

Ils ont parfois raison, mais pas toujours : les mots peuvent en dire long, il faut les prendre au sérieux, ce sont des précurseurs.

Les mêmes ou d’autres soupirent à la vue d’une simple photo de Barack Obama. A leurs yeux, le président américain nous fascine, nous « enfume », nous hypnotise, avec ses façons de prêcheur de masse et ses airs de gendre idéal. L’Obamania, à la longue, ils en sont revenus !

Bien sûr, Barack Obama n’est pas un dieu ni même un ange.

Il s’est un peu abîmé en se frottant au pouvoir, à ses contraintes et à la « Realpolitik ». Non, il n’a pas fermé Guantánamo. Non, il n’a pas forcé Israël à faire des concessions. Oui, il a déployé ses grandes oreilles au-dessus de nos vies privées.

Il y a un esprit chagrin qui sommeille en chacun de nous. Il faut cependant raison garder. Mercredi soir, à Bruxelles, le président des Etats-Unis nous a offert un très grand discours, le meilleur du meilleur d’Obama.

Il nous a surtout entretenus de l’Histoire, de ses combats, de ses tranchées, et des valeurs communes que les deux rives de l’Atlantique ont façonnées, à force, et qui sont aujourd’hui universelles.

Et ce n’était pas du bla-bla ! Barack Obama a parlé de dignité humaine, de respect de la différence, et il a évoqué explicitement le sort des migrants et des homosexuels, qui sont, comme on sait, trop souvent stigmatisés. Quelle superbe leçon d’ouverture, à l’heure où l’Europe s’apprête à célébrer, dans les urnes, ses populistes, ses nationalistes, ses extrémistes !

« Il ne faut pas tenir le progrès pour acquis », a néanmoins prévenu le président américain en appelant les jeunes à prendre la relève.

Ces dernières semaines, le monde a incroyablement changé. Et une sourde inquiétude s’est fait jour, après le coup de force russe en Ukraine. Un bras de fer est même engagé. Chuck Hagel, le secrétaire américain à la Défense, affirmait hier à Washington que les Russes « continuent de renforcer leurs troupes » à la frontière ukrainienne. Tandis que Jean Asselborn, le ministre luxembourgeois des Affaires étrangères, déclarait au Kurier de Vienne : « La Russie doit faire attention, parce qu’on a de nouveau peur d’elle. »

La peur. Cette peur-là. On la voulait éliminée à jamais de nos vies. Dans certains pays de l’est de l’Union européenne, elle est de retour, à tarauder…

Hier, au siège du Conseil européen de même qu’à Bozar, Barack Obama n’a pas tenu de propos guerriers ni même agressifs. Il a eu les mots justes et rassurants – d’un allié véritable. C’est vrai : « Le monde est plus sûr et plus juste quand l’Europe et les Etats-Unis sont solidaires. »

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