Le gouvernement a menacé de fermer The Guardian après les révélations de Snowden

Le gouvernement britannique a menacé de fermer The Guardian après la publication par ce quotidien des révélations de l’ancien consultant de la CIA, Edward Snowden, sur l’ampleur de la surveillance électronique menée par les Etats-Unis et le Royaume-Uni, selon le rédacteur en chef adjoint Paul Johnson, cité jeudi par l’Irish Times. Paul Johnson a indiqué que les responsables du Guardian avaient reçu la visite des services secrets britanniques, les menaçant de fermer le journal s’ils continuaient de publier les déclarations d’Edward Snowden concernant l’agence nationale de sécurité américaine (NSA) et son pendant britannique, la GCHQ. «  Nous avons été accusés de mettre la sécurité nationale en péril », a-t-il ajouté, précisant que le rédacteur en chef du quotidien de centre-gauche, Alan Rusbridger, s’était vu notifier que «  Le Premier ministre britannique ainsi que les ministres de l’Intérieur, des Affaires étrangères et de la Justice avaient un problème avec lui ».

En août 2013, le rédacteur en chef avait déclaré que le gouvernement avait menacé d’entamer une procédure judiciaire pour tenter de récupérer les documents secrets si le journal ne les détruisait pas lui-même. Par la suite, le journal The Guardian a été contraint de travailler dans une salle sécurisée. Il a également utilisé de nouveaux ordinateurs qui n’avaient pas d’accès à internet. Un policier restait constamment à la porte. «  Au Royaume-Uni, la sécurité nationale l’emporte sur la liberté de la presse. The Guardian a été prié de ne plus publier un mot de cette affaire, contrairement aux Etats-Unis, où la publication des révélations de M. Snowden a donné lieu à un débat sur les limites des actions des services de renseignements dans le cadre de la protection de l’Etat », a souligné Paul Johnson.

Parmi les révélations les plus significatives concernant le GCHQ, figurait celle selon laquelle cette agence est en partie financée par les Etats-Unis, à hauteur de 100 millions de livres (120 millions d’euros) sur les trois dernières années. Une autre information délicate est celle portant sur un vaste programme d’écoutes britanniques baptisé «  Tempora » qui disposerait d’un budget d’un milliard de livres (1,19 milliard d’euros) pour surveiller les communications dans le monde entier.