Lutte contre le Tabac: silence, on meurt…

Journaliste au service Société Temps de lecture: 2 min

La Belgique fut en tête en matière de lutte contre la consommation de tabac. Dès 1976, il est interdit de fumer dans les trams, bus et métros. Depuis 2004, dans les trains. En 2006, c’est l’entreprise qui arrête de cloper, les restos en 2007 et les cafés depuis la mi-2011. La pub a été (presque) interdite, des photos effrayantes ajoutées sur les paquets…

Malgré cela, un Belge sur quatre fume. Et trois sur quatre ont commencé avant 18 ans, grâce à l’efficacité de la pub tabac, toujours distillée. Pour dissuader le jeune de commencer une consommation qui durera des dizaines d’années, l’arme du prix a prouvé son efficacité. On estime que 10 % d’augmentation entraîne une baisse de consommation de 4 %. Notre pays vend son paquet à moins de 5 euros, alors que le baromètre des Ligues européennes contre le cancer montre qu’il faudrait qu’il coûte plus du double pour dissuader les plus jeunes. Au contraire, depuis une dizaine d’années, notre pays s’englue dans l’immobilisme. Il n’en augmente plus le prix au-delà de l’inflation. En cause ? La peur des partis de passer pour des taxeurs sans cœur qui profitent du fumeur ligoté dans la nicotine. Ce n’est pas tout à fait faux : le tabac rapporte près de 3 milliards à l’Etat quand il en dépense… 30 millions pour la prévention.

C’est pourtant un très mauvais calcul, à trop court terme. Pour deux raisons. Un : le tabac tue un fumeur sur deux. 20.000 morts par an. A petit feu. Il complique les traitements des maladies, entraîne de lourdes incapacités, grignotant 10 % du budget de la Sécu à lui tout seul. « Si vous hésitez à prendre des mesures contre le tabac, venez visiter mon service, venez respirer l’odeur de la mort », s’emporte un médecin renommé. Deux : il viendra sans doute un jour où ces patients (ou leurs familles) demanderont des comptes aux pouvoirs et aux politiques pour avoir laissé si facilement se vendre une drogue légale.

Qui devrait être à sa vraie place : délivrée exclusivement sur ordonnance, dans le cadre d’un programme de désintoxication. Et, en attendant mieux, à un prix qui dissuade les ados d’allumer leur première clope…

 

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