Le design «cyclonique» de Dyson à Gand

Quel est le point commun entre un aspirateur sans sac et un ventilateur sans pales ? James Dyson ! Le designer industriel britannique les a tous deux rendus possibles au cours des vingt dernières années. 1.600 brevets, 1.700 ingénieurs et pas moins de 400 inventions : tels sont les chiffres de l’entreprise anglaise basée à Malmesbury, dans le Wiltshire. En investissant massivement dans la recherche, le design et le développement (« RDD »), Dyson est assurément l’une des entreprises les plus innovantes de Grande-Bretagne.

L’exposition « Dyson Design. Secrets révélés » qui ouvre ses portes ce samedi à Gand met en lumière ce design industriel et le développement de produits de masse. Tout tourne autour des processus de production, des choix de matériaux, de l’ergonomie et de la durabilité des produits commercialisés par la firme Dyson. Le visiteur y découvre comment James Dyson et son équipe développent de nouveaux produits, tentent d’améliorer les objets existants en modifiant les matériaux, les formes ou les techniques utilisées. Un sujet qui peut sembler quelque peu abstrait au premier abord, mais qui démontre surtout la formidable inventivité du designer britannique et de ses très nombreux collaborateurs.

Des premiers aspirateurs (« DC01 ») au dernier modèle de ventilateur lancé le 6 mars dernier (« Dyson Cool ») en passant par une machine à laver, un aspirateur robot jamais commercialisé (« DC06 »), plusieurs générations de sèche-mains électriques et d’aspirateurs sans fil (« DC16 »), l’exposition montre à quel point la conception des produits Dyson est le résultat d’une grande liberté de création et d’inventivité.

Dès le seuil, la curiosité est attisée par une série de cubes blancs dans lesquels des trous permettent de contempler à la loupe des objets non identifiés… Que regardons-nous ? La réponse se dévoile au fil du parcours, à travers une scénographie didactique : de gigantesques livres, fils rouges de l’expo, racontent les processus de conception et de design à l’œuvre chez Dyson. L’occasion de découvrir ce qui se passe derrière les murs du très secret laboratoire implanté en Angleterre depuis les années 1990.

Inventeur, artiste, designer et ingénieur, James Dyson a souvent été comparé à Steve Jobs, « dans un domaine moins glamour  », plaisante-t-il. Il partage avec le créateur d’Apple une préoccupation constante pour la rencontre des spécificités fonctionnelles et de la valeur esthétique des produits : le résultat doit être tant pratique que beau. Pour Dyson, le design est présent dans tous les domaines de la vie. Cette vision lui a permis de réussir un pari plutôt inattendu : celui de rendre l’aspirateur – emblème par excellence de la vie domestique – sexy !

Au-delà, c’est la technologie qui anime Dyson, et ce, depuis la création de l’entreprise : « Nous dépensons un million et demi de livres chaque semaine pour ce seul secteur  », confie Nick Schneider, design engineer au sein du département « NPI » (« New Product Innovation »).

La mission de Dyson ? Répondre aux frustrations des gens dans la vie de tous les jours en fournissant des solutions nouvelles. Pour atteindre cet objectif, les ingénieurs multiplient esquisses, maquettes et prototypes, du carton au métal à l’impression en 3D. Chaque produit subit des tests de durabilité durant des milliers d’heures. L’écologie n’est pas oubliée : user du minimum de matériaux nécessaires, réduire la consommation énergétique et améliorer la durabilité, tels sont les moyens mis en œuvre par Dyson pour sauvegarder les ressources naturelles.

Dyson emploie plus de 4.300 personnes à travers le monde, dont plus de la moitié sont des scientifiques et des ingénieurs, spécialisés dans des domaines aussi variés que l’acoustique et la biologie. Le siège de la « RDD », situé à Malmesbury, emploie 2.200 personnes. Toute la chaîne de « recherche, design et développement » se trouve dans ce bâtiment hautement sécurisé par un système de reconnaissance digitale. Seuls James Dyson et ses ingénieurs y ont accès. Lors de leur premier jour de travail, les ingénieurs reçoivent un carnet où noter idées et croquis. Ces carnets personnels, tous conservés sous clef, ne sont accessibles qu’à James Dyson lui-même. Une façon efficace de régler les conflits de droits intellectuels et de se prémunir de tout espionnage industriel. Dyson investit par ailleurs plus de 3 millions d’euros chaque année pour l’acquisition et la protection des droits de propriété intellectuelle sur ses nouvelles technologies.

Design Museum, Rue Jan Breydel 5, Gand, du 29 mars au 9 juin, www.designmuseumgent.be, 09-267.99.99.