Exploiter l’eau des galeries

Nos mines de charbon ne sont plus exploitées depuis des décennies. Mais les importants volumes d’eau que recèlent leurs galeries peuvent-ils constituer une nouvelle richesse, par exemple pour produire de l’électricité ? La question est actuellement posée à Blegny-Mine et une étude est en cours à l’Université de Liège.

Nos anciennes mines de charbon peuvent-elles encore avoir un avenir, grâce à l’eau qu’elles contiennent ? C’est la question que se pose actuellement Marc Bolland, le bourgmestre de Blegny, relayé par nos confrères de Liège-Matin ce mercredi.

Il explique : « Nos mines de charbon wallonnes contenaient beaucoup d’eau. C’est d’ailleurs une des raisons pour lesquelles les coups de grisou y étaient rares. En revanche, les mineurs craignaient les coups d’eau. Lorsqu’elles étaient en exploitation, il fallait pomper chaque jour des milliers de mètres cubes d’eau, c’est-à-dire des millions de litres. Lorsque le charbonnage de Blegny s’est arrêté, en 1980, et qu’il s’est reconverti en site touristique, le pompage a continué pendant quelques années. Un jour, alors que je me trouvais sur le site touristique de Blegny-Mine, en discutant avec un industriel liégeois de cette importante présence d’eau dans le sous-sol de la mine, il s’est demandé si une exploitation de cette eau ne serait pas possible. »

Cela se passait voici quelques mois. La réflexion s’est alors prolongée. Dans un premier temps, l’idée était d’aller chercher cette eau pour la boire. «  Nous avons fait procéder à une analyse de cette eau, analyse qui a conclu qu’elle était potable. Mais, en nous adressant aux géologues de l’ULg, ceux-ci nous ont dissuadés d’aller plus loin dans cette voie, nous expliquant que l’eau provenant des mines n’est jamais potable, et que l’analyse que nous avions fait faire ne pouvait pas être prise en compte, parce qu’elle avait été faite sur de l’eau stagnante. »

Source d’énergie alternative ?

Une fois abandonnée la piste de l’eau potable, une autre question s’est posée : le précieux liquide ne pouvait-il pas être utilisé comme source d’énergie alternative ?

Marc Bolland : « On sait que l’Université de Liège développe pas mal d’initiatives et de recherches en matière d’énergies alternatives. La question qui se pose est de savoir si elle a atteint un niveau permettant de passer à une phase opérationnelle. Là, on peut penser que oui. L’autre question est de savoir si une éventuelle exploitation de l’eau serait économiquement intéressante. »

Ces deux questions sont actuellement posées à l’ULg et leurs réponses devraient être apportées d’ici la fin avril. On saura donc, à ce moment, si, en principe, utiliser les millions de litres d’eau contenus dans le sous-sol de la mine pour produire de l’électricité sera possible. Cela pourrait se faire sur le principe de la cascade de Coo : faire monter l’eau la nuit, lorsque le prix de l’électricité est moins cher, et la faire descendre en journée pour actionner des turbines et produire du courant.

Si les réponses aux deux questions sont négatives, le projet s’arrêtera là. Si elles sont positives, alors pourquoi ne pas imaginer une seconde vie pour la mine, non plus grâce au charbon, mais grâce à l’eau ? On en est là aujourd’hui, on en saura davantage dans quelques semaines…