La faillite de Meister a été prononcée

La société anonyme Meister, spécialisée dans la mécanique de précision pour l’automobile et l’aéronautique, a vu sa faillite validée lundi par le tribunal de commerce de Liège. Deux curateurs ont été désignés, à charge pour ceux-ci de rencontrer les 65 travailleurs de l’entreprise sprimontoise et vraisemblablement de leur signifier leurs préavis. Et parallèlement, de se mettre en quête d’un repreneur – lequel, dans le meilleur des cas, pourrait réembaucher tout ou partie du personnel. « Une assemblée du personnel sera prochainement convoquée afin d’informer les travailleurs de la situation, a expliqué dans un communiqué René Petit, secrétaire syndical CSC Metea. Actuellement, ils sont dans le flou et inquiets quant à leur avenir… Ils devraient sans doute y voir plus clair à l’issue de cette assemblée. »

En février 2012, l’entreprise avait défrayé la chronique judiciaire autant qu’économique lorsque Poppe & Potthoff, la direction allemande du groupe, voulant récupérer trois camions emplis de matériel, avait envoyé sur le site une quinzaine d’hommes, dont certains munis de gilets pare-balles et brandissant des matraques. Une partie du personnel s ‘était opposée à ce coup de force et avait empêché que le convoi quitte l’enceinte de l’usine. La police était intervenue, avait tenté de calmer le jeu et avait permis aux membres de la société de gardiennage d’évacuer le site mais sans la marchandise. Une plainte pour coups et blessures avait d’ailleurs été déposée par trois ouvriers blessés, une autre plainte avait été déposée par des sociétés voisines de Meister qui déploraient que des palettes aient été réquisitionnées par le personnel pour se réchauffer, une troisième plainte, enfin, concernait l’intervention d’une milice privée venue d’Allemagne. Selon la loi Tobback en effet, les sociétés de gardiennage doivent obtenir une autorisation pour opérer sur le territoire belge.

En mars 2013, les ouvriers avaient mené une grève de trois semaines environ parce qu’ils craignaient que des activités du site de Sprimont soient délocalisées en Tchéquie. Ils protestaient aussi contre les menaces de licenciement reçues par vingt-six travailleurs pour avoir bloqué l’expédition de matières premières vers d’autres unités du groupe.

Puis, au mois de mai 2013, le licenciement de cinq personnes avait provoqué un nouvel élan de mauvaise humeur parmi le personnel.

Bénéficiant d’une procédure de réorganisation judiciaire depuis le 11 février 2014, constatant que cela ne suffisait pas et qu’aucun candidat repreneur sérieux ne s’était manifesté, le conseil d’administration de l’entreprise avait, au mois d’avril, annoncé lors d’un conseil d’entreprise extraordinaire son intention de déposer le bilan et de faire aveu de faillite. Ce qui vient donc d’être fait : une douche froide pour les 65 travailleurs qui, depuis plusieurs mois, espéraient une poursuite d’activité.