Selinko lève un million d’euros pour authentifier les grands vins

Selinko vient de lever un million d’euros de capitaux auprès de divers investisseurs privés qui ont préféré garder l’anonymat. On sait juste qu’ils sont de différentes nationalités et que certains d’entre eux ont un rapport avec le secteur du vin. Et pour cause : Selinko, c’est d’abord l’histoire de la rencontre entre deux passions : la technologie et le vin.

La start-up a été créée en septembre 2012 par Patrick Eischen qui, après une belle première partie de carrière comme directeur informatique chez IBA et Dimension Data notamment, avait envie de combiner ses compétences technologiques et son envie d’entreprendre. Il se trouve qu’il est aussi l’heureux propriétaire d’un vignoble en Toscane, près de Livourne. En créant Selinko, il veut d’abord répondre à un problème vécu personnellement. Il exporte en effet une bonne partie de sa production Pemà Volpaiole vers la Chine, où la contrefaçon de vin européen est une véritable plaie. Il met alors son background d’informaticien à profit pour concevoir un système d’identification et de traçabilité basée sur un « tag » NFC, une sorte de puce placée sous l’étiquette de la bouteille.

NFC (Near Field Communication) est cette technologie de communication par radiofréquence à courte distance, qui ne nécessite pas de contact entre les objets. La plupart des smartphones Android sont compatibles avec la technologie, il suffit d’y installer l’application Selinko et d’approcher l’appareil de l’objet « taggé » pour l’authentifier. Moins coûteuse que la technologie rivale RFID, l’application NFC développée par Selinko garantirait un niveau de sécurité comparable à celui d’une application de mobile banking. Selinko permet en outre l’accès à des services interactifs via le smartphone, tels que des informations personnalisées sur le produit identifié ou l’accès à des programmes de fidélité, par exemple.

Selinko avait déjà levé 400.000 euros de fonds il y a un an. Cette deuxième levée doit lui permettre de renforcer sa présence commerciale et de dépasser la quinzaine de collaborateurs. La start-up envisage l’ouverture d’antennes commerciales à Bordeaux et à Cognac, et a des connexions dans la Napa Valley californienne. Elle a l’ambition de faire de sa solution anti-contrefaçon un « must » pour les producteurs de grands crus.

La start-up a acquis une première belle notoriété l’année dernière en signant le domaine bordelais Le Pin, étiqueté « vin le plus cher au monde ». Entre-temps, le domaine Buccella dans la Napa Valley a rejoint la liste des clients, ainsi que le producteur de cognac haut de gamme Zelia (1.500 euros la bouteille).

La solution serait aussi rentable pour des produits un peu moins luxe. « Notre marché débute à partir de 50 euros la bouteille, notre cœur de cible étant les flacons de minimum 100 euros », précise la porte-parole Gwennaëlle Festraets, qui confesse que les cycles de vente sont très longs, jusqu’à un an, dans ce secteur très traditionnel. Un autre secteur de prédilection de l’entreprise est la maroquinerie de luxe.