Electrabel va fermer la centrale au gaz de Drogenbos

Electrabel (l’exploitant) a en effet envoyé une lettre au gestionnaire de réseau Elia ainsi qu’aux autorités pour expliquer son intention de mettre à l’arrêt la centrale en octobre 2015, faute de rentabilité. Une information qu’Electrabel nous a confirmée, précisant qu’il n’y avait « aucun risque de licenciement » car les travailleurs seraient recasés.

Le phénomène de fermeture des centrales au gaz n’est pas neuf, il touche même toute l’Europe. Mais quand c’est la centrale au gaz belge la plus puissante qui est concernée (460 MW, soit l’équivalent du réacteur nucléaire de Doel 2), le phénomène prend un peu plus d’ampleur.

« Même si les centrales au gaz sont nécessaires pour gérer l’intermittence du renouvelable, elles ne sont plus rentables », explique Electrabel. Deux éléments interdépendants pour justifier cette non-rentabilité. Primo, depuis la découverte du gaz de schiste aux USA, le prix de charbon a chuté (car les Américains exportent leur surplus). Les centrales au charbon sont alors devenues plus rentables que celles au gaz.

Deuxième élément : le fait que ces centrales au gaz tournent de moins en moins. Sur le réseau électrique, la logique veut en effet qu’on donne toujours priorité à l’électricité dont les coûts de production sont les plus avantageux. Le renouvelable a toujours la primeur (vent et soleil sont gratuits). Suit le nucléaire amorti, puis les centrales au charbon, et celles au gaz n’arrivent qu’en bout de chaîne. Or, comme la production renouvelable est de plus en plus importante, l’appel aux centrales au gaz est lui de plus en plus rare.

« Certaines ne tournent que 1.000 heures par an, alors qu’elles devraient tourner 5.000 heures pour être rentables », nous dit-on. Pourtant, ces centrales ne peuvent pas disparaître. Comme elles sont facilement mobilisables (il faut quelques dizaines de minutes pour les activer), la Belgique en a besoin pour répondre au pic de demande et compenser la variabilité du renouvelable tant qu’on n’a pas mis au point un moyen de stocker l’électricité.

Pour éviter qu’on ne les démonte après la fermeture, le secrétaire d’État à l’Énergie, Melchior Wathelet, a conçu une « réserve stratégique ». Chaque année, en fonction des besoins de production identifiés par Elia, les centrales fermées pourront être retenues dans cette réserve, où elles seront subsidiées pour être activées lorsque la demande électrique l’impose, ce qui limite le risque de black-out. Mais une conclusion s’impose : les centrales au gaz ne semblent plus pouvoir vivre sans subsides.