C’est le moment d’essayer le coworking

Ramon Suarez, le fondateur du Betacowork à Bruxelles (Etterbeek) publie sur Amazon un Coworking Handbook, qui regroupe des conseils pratiques à l’intention des animateurs d’espaces de coworking. L’occasion de dresser un premier bilan du coworking, qui chez nous, tarde toutefois à s’imposer.

Mais qu’est-ce donc qu’un espace de coworking ? « Ce n’est pas simplement un espace open space où on peut louer bon marché une chaise et une table, » ironise Ramon Suarez. « Sinon, quelle est la plus-value par rapport au travail à la maison ? » L’Hispano-bruxellois parle plutôt d’un espace professionnel ouvert et flexible qui facilite le travail des coworkers en favorisant la mise en relation. C’est cette approche « communauté » qui a fait le succès de Betacowork, qui a puisé ses membres dans le vivier du BetaGroup, une communauté d’entrepreneurs et développeurs du web.

Cet espace installé dans l’incubateur ICAB, en bordure de la VUB à Bruxelles, compte plus de 200 membres et est à ce jour la seule franche réussite de coworking en Belgique francophone. « Il ne suffit pas d’avoir un bel espace. Il faut s’impliquer personnellement dans la création d’une communauté, soigner son marketing et son image de marque, avoir un espace de qualité et une infrastructure performante. »

D’après Ramon Suarez, le coworking est idéal pour les indépendants ou les très petites sociétés jusqu’à 5 personnes. Ce n’est pas l’apanage des jeunes diplômés : « la plupart de nos membres ont plus de 30 ans ! »

Selon Jean-Yves Huwart, initiateur de la conférence Coworking Europe, il existe une quarantaine d’espaces en Belgique, contre environ 4.000 dans le monde. D’après lui, le coworking va irrémédiablement s’imposer comme le nouveau mode de travail propice à l’innovation et l’entrepreneuriat. « Il ne suffit pas de lancer un coworking pour créer des entrepreneurs, mais c’est un instrument facilitateur à ne pas négliger. »

Aussi attractif semble-t-il sur papier, le coworking met pourtant du temps à atteindre une masse critique en Wallonie. D’après un premier bilan après moins de deux ans dressé par l’Agence wallonne des télécommunications (AWT), les huit centres de CoWallonia ont enregistré 376 coworkers.

Mais la plupart d’entre eux sont sans doute très occasionnels car certains espaces peinent encore à créer une émulation.

Sans doute s’agit-il juste de laisser du temps au temps car le bilan qualitatif de l’AWT est lui très positif : 76 % des coworkers attribuent une cote d’au moins 8 sur 10 à leur espace de coworking. Les principaux avantages exprimés sont « l’extension du cercle social » et « la réduction de l’isolement ».

La satisfaction est également très élevée du côté des membres du Betacowork : 95 % recommanderaient leur espace à des collègues ou amis. 15 % se disent même « plus heureux »…

Pour tester gratuitement un des huit espaces de coworking wallon la semaine prochaine, consulter www.cowallonia.be