Le congrès avec Dieudonné interdit à Anderlecht

Près de 400 personnes, selon l’estimation de la police, sont rassemblées depuis 13h devant la salle Akdeniz, chaussée de Mons à Anderlecht, le lieu loué pour ce qui est présenté comme le «Premier congrès européen de la dissidence». Les 400 personnes rassemblées, parmi lesquelles se trouvent tant les participants au congrès que des contre-manifestants, sont encerclées par les forces de l’ordre.

Le bourgmestre d’Anderlecht Éric Tomas (PS) a pris ce dimanche matin un arrêté interdisant l’organisation de ce congrès par le député Laurent Louis en raison des risques importants pour la sécurité, la sûreté et la tranquillité publiques liées à l’organisation du congrès prévu à cet endroit.

Le député Laurent Louis, l’un des initiateurs de ce congrès, a négocié avec les forces de l’ordre d’attendre la décision du Conseil d’Etat avant toute action. En cas de maintien de l’arrêté, il dispose d’un «plan B», a-t-il ajouté, sans donner d’autre précision.

Plusieurs personnalités françaises connues pour leur antisémitisme ont été annoncées lors de cet événement, organisé par une librairie uccloise et le parti du député Laurent Louis : Alain Soral, Hervé Ryssen, Kemi Seba ou encore l’humoriste Dieudonné. Certains d’entre eux ont déjà fait l’objet de condamnations judiciaires en France.

Un congrès interdit à Anderlecht

L’interdiction prise par le bourgmestre d’Anderlecht concerne tant l’organisation que les orateurs et les participants ou invités. Un périmètre interdit d’accès a été défini autour du square Albert 1er. L’interdiction vise aussi toute manifestation publique de soutien ou de réprobation à ce congrès.

Le bourgmestre annonce que les forces de police ont été mobilisées et chargées de veiller au respect de cet arrêté. L’interdiction a été communiquée au propriétaire de la salle. Éric Tomas a tenu à préciser que le propriétaire de ladite salle avait en quelque sorte été « abusé » par les organisateurs qui lui avaient parlé d’« exposition de livres » et de « conférence ».

Le bourgmestre d’Anderlecht dit vouloir faire respecter l’ordre public et invite fermement manifestants et contre manifestants à respecter l’arrêté. Il précise que la décision d’interdire la réunion a été prise en concertation avec les 18 autres bourgmestres de la Région bruxelloise et la ministre de l’Intérieur, Joëlle Milquet (CDH), ce qui signifie que si le député Laurent Louis cherche à trouver refuge sur le territoire d’une autre commune bruxelloise, il devrait se heurter au même type d’arrêté d’interdiction.

Joëlle Milquet juge légitime l’interdiction du bourgmestre d’Anderlecht

La ministre de l’Intérieur Joëlle Milquet (cdH) soutient la décision prise dimanche matin par le bourgmestre d’Anderlecht Éric Tomas (PS) d’interdire la tenue du « Congrès européen de la dissidence » sur son territoire, a-t-elle déclaré dimanche matin à l’agence Belga. Joëlle Milquet estime que « l’arrêté d’interdiction adopté par Éric Tomas, bourgmestre d’Anderlecht, s’inscrit parfaitement dans le cadre de l’analyse et de la coordination opérées entre les différents bourgmestres de la Région de Bruxelles-Capitale, les services de sécurité et de police, ainsi que de l’Intérieur ». Elle ajoute que « cet arrêté est légitimé en raison des risques importants de troubles et heurts en matière d’ordre public, liés notamment aux caractéristiques de l’événement et des personnalités invitées, et aux conséquences en matière de mobilisation et contre-mobilisation annoncées de groupes antagonistes susceptibles de troubler gravement la sécurité, la sûreté et la tranquillité publiques ».

L’invitation maintenue

Les organisateurs ont maintenu leur invitation, appelant les participants à se rassembler « dans le calme et la bonne humeur ». Sur sa page Facebook, le député belge estimait dimanche qu’interdire le congrès « ne ferait que décupler le succès actuel de +Debout les Belges+ ». « La décision la plus sage serait de nous laisser nous réunir dans l’indifférence médiatique », plaidait-il, peu avant que l’interdiction soit confirmée.

« Nos invités ont tous confirmé leur présence et quoi qu’il arrive, interdiction ou pas, vous pourrez les rencontrer et passer avec nous une journée inoubliable ! Ne cédez donc pas aux pressions et venez en famille, dans le calme et la bonne humeur », peut-on encore lire.