Des phtalates dans les vins et spiritueux

Une étude réalisée par un laboratoire bordelais sur 100 vins révèle que 59% d’entre eux contiendraient trop de phtalates, un contaminant transporté par les matières plastiques.

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Les phtalates sont un groupe de produits chimiques dérivés de l’acide phtalique et couramment utilisés pour rendre les matières plastiques plus souples. Or, cela peut paraître surprenant, mais le vin se trouve souvent au contact de matières plastiques lors de son élaboration : tuyaux plastiques pour aller d’une cuve à l’autre, corps de pompe, cuves plastiques, joints d’étanchéité, etc.

Les teneurs en phtalates sont limitées en Europe. Six d'entre eux sont d’ailleurs interdits dans les articles de puériculture (le fameux bisphénol-A interdit en 2011) et  huit dans les cosmétiques. Pour ce qui concerne les vins et spiritueux, pas de limite fixée. Le règlement CEE 10/2011 du 14 janvier 2011 prévoit toutefois qu’une « matière plastique ne doit pas libérer plus de 0,3 mg de DBP/kg d’aliment, sinon elle est interdite d’utilisation ». Dès 0,004 mg/kg, le contaminant commence à être quantifié.
    
Créé en 1992 par deux chimistes-œnologues, Pascale Chardonnet et Dominique Labadie, tous deux reconnus comme experts mondiaux du vieillissement des vins en barrique et du bouchage liège, le laboratoire Excell réalise pour la profession des analyses fines et apporte également les conseils techniques et solutions pour pallier les problèmes relevés.

 

Selon le magazine français La Vigne qui l’a publié sur son site vendredi dernier, ce laboratoire a analysé une centaine de vins français et trente spiritueux. Il a décelé du dibutyl phtalate (DBP) au-dessus de sa limite de quantification (0,004 mg/kg) dans plus de 59 % des vins analysés, mais surtout jusqu’à 2,212 mg/kg de cette substance dans 11% d’entre eux, soit près de 7 fois plus que le seul maximal autorisé...

Par ailleurs, relève La Vigne, Pascal Chatonnet a également identifié les sources de contamination : « Les responsables sont majoritairement les résines époxy. Parfois, ce sont également les anciennes résines en fibre polyester». Si la meilleure solution serait bien évidemment de ne plus utiliser les cuves problématiques, il semblerait qu’une nouvelle résine pourrait recouvrir les résines existantes et empêcher la contamination. Un moindre mal.
 

 

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