Le dérapage de Didier Reynders contre le PS

Après s’être opposés assez naturellement durant toute l’émission, et s’être ménagés relativement, les deux ont cogné à la fin, en conclusion de leur « duel » ce mardi matin sur la Première (RTBf).

Lorsqu’Elio Di Rupo a (re)mis en garde contre l’avènement d’un «  gouvernement des droites  » sur le modèle de l’exécutif Martens-Gol au début des années quatre-vingt, « qui avait pratiqué trois sauts d’index  ! ». Didier Reynders a alors contre-attaqué : « J’ai beaucoup de respect pour Wilfried et Jean (NDLR : Wilfried Martens et Jean Gol, s’entend), ils avaient dû réparer les dégâts provoqués par un gouvernement avec Guy Mathot, et pendant les dix ans qui ont suivi, on a eu droit à des enlèvements et aux disparitions d’enfants, aux affaires, à la dioxine… Il a fallu le retour des libéraux pour remettre de l’ordre… ». L’émission s’achève. Didier Reynders voudrait prolonger son attaque, il doit s’interrompre. Elio Di Rupo ne peut répliquer. On en reste là.

Paul Magnette, dans un tweet illico, parle de propos « indignes  » de la part du libéral. Didier Reynders s’est justifié en expliquant qu’il évoquait « la guerre des polices » La polémique, on le pressent, ne retombera pas.

Wouter Beke, président du CD&V, condamne à son tour les propos « indignes et honteux » de Dider Reynders : « On ne fait pas campagne sur le sort des enfants décédés  . »

« Après Ecolo comparé au génocidaire Pol Pot, le MR associe maintenant les enlèvements d’enfants au PS. Pauvre petit parti ! », a quant à lui réagi Philippe Henry, ministre wallon de l’environnement avant de demander des excuses de la part de Dider Reynders.

« Nous n’avons pas besoin de la N-VA »

Avant cela, toujours sur la Première donc, le Premier ministre en titre avait réaffirmé combien il importait, pour lui, que la « famille socialiste  » soit la première en Belgique au soir du 25 mai, et qu’en son sein le PS arrive en tête au sud du pays, tandis que le vice-Premier libéral, et ministre des Affaires étrangères, a plaidé en faveur de ce qu’il appelle la « troisième voie entre les nationalistes au nord et les socialistes au sud  », avec les libéraux donc, du MR et du VLD.

Le premier a pointé des « convergences entre MR et N-VA », dans leurs programmes : toucher à l’indexation, augmenter la TVA. Le second a démenti vouloir opérer sur ces deux dossiers, relançant : « Et nous n’avons pas besoin de la N-VA pour mettre en œuvre une politique libérale ou de centre-droit, voyez la réforme du chômage, durant cette législature, ou encore la politique migratoire de Maggie Be Block… ».

« Pas le Premier ministre d’un gouvernement de centre droit »

Elio Di Rupo n’a pas laissé passer : « Cette législature a été celle de la préservation de l’index, grâce au PS et au SP.A, également de l’augmentation des bas salaires, des allocations sociales… Je n’ai pas du tout été le Premier ministre d’un gouvernement de centre droit !  ». Le socialiste, qui se projette dans la prochaine législature et ne dément pas souhaiter se réengager au « Seize », indique : « Maintenant, nous sommes dans une phase de reprise économique, il faut faire en sorte qu’elle profite à tous, d’où le programme PS en faveur du pouvoir d’achat ; un programme chiffré, et financé par la lutte contre la fraude, ou encore un prélèvement de 6.000 euros sur les 80.000 Belges les plus riches ».

De son côté, Didier Reynders insiste sur la baisse des charges « au cœur du débat grâce aux libéraux, et même les socialistes en parlent : un peu comme les poissons volants, ce n’est pas la généralité du genre  », et relève encore la nécessité, dit-il, de « baisser les impôts sur les bas et moyens revenus ».

En substance, des échanges vifs mais modérés. Si n’avait été la fin du duel…

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