«La guerre contre la drogue» a échoué, affirme un rapport de hauts dignitaires

L’appel a été lancé dans un rapport de 84 pages de la London School of Economics : « Il est temps de mettre un terme à la guerre contre la drogue et de rediriger massivement les fonds vers des politiques qui ont fait preuve de leur efficacité et qui sont validées par une analyse économique rigoureuse », peut-on lire dans la préface du rapport signée par une vingtaine de personnalités, parmi lesquelles les Prix Nobel d’économie Kenneth Arrow (1972), Vernon Smith (2002), Thomas Schelling (2005), Oliver Williamson (2009) et Christopher Pissarides (2010).

Figurent également parmi les signataires George Shultz, secrétaire d’Etat américain sous la présidence de Ronald Reagan (1982-1989), Luis Fernando Carrera Castro, ministre des Affaires étrangères du Guatemala, Alejandro Gaviria Uribe, ministre colombien de la Santé et de la protection sociale, Nick Clegg, vice-Premier ministre du Royaume-Uni, Aleksander Kwasniewski, ancien président de Pologne (1995-2005) ou encore Javier Solana, ancien chef de la diplomatie de l’Union européenne.

« La poursuite d’une stratégie militarisée de guerre contre la drogue a eu des effets négatifs massifs et des dommages collatéraux », selon le document, qui détaille ces conséquences : « Incarcérations massives aux Etats-Unis, politiques extrêmement répressives en Asie, vaste corruption et déstabilisation politique en Afghanistan et en Afrique de l’Ouest, immense violence en Amérique latine, épidémie de VIH en Russie, pénurie mondiale aiguë de médicaments contre la douleur et propagation d’abus systématiques des droits de l’Homme à travers le monde ».

La stratégie répressive « a échoué »

Depuis le début, en 2006, de la lutte contre les narcotrafics au Mexique, 80.000 personnes ont ainsi été tuées, selon les derniers chiffres officiels.

Selon ce rapport, cette stratégie répressive « a échoué » et le « prix des drogues a baissé tandis que la pureté des produits s’est accrue ». « Continuer à dépenser des fonds massifs dans des politiques punitives, généralement aux dépens des politiques de santé publique qui ont fait leurs preuves, ne peut plus se justifier », martèle le rapport.

Les Nations unies doivent maintenant « prendre les devants en promouvant une nouvelle stratégie de coopération internationale » qui « doit être basée sur les principes de santé publique, la réduction des effets des marchés illicites, un accès élargi aux médicaments essentiels, la réduction des consommations problématiques, un suivi rigoureux des nouvelles lois testées et un engagement indéfectible vis-à-vis des principes des droits de l’Homme », conclut ce texte.