Rudi Vervoort: «Il faut encadrer les loyers à Bruxelles»

Le plan Wathelet doit-il être corrigé avant les élections ?

Rudi Vervoort : «  La question est dépassée par l’actualité : la Région flamande a introduit un recours en conflit d’intérêts qui suspend le nouveau plan Wathelet pour une durée de 60 jours. Les choses en sont là. Ce dossier connaîtra encore des évolutions après le 25 mai, à n’en pas douter. La Région bruxelloise soutient toujours son action en cessation environnementale ». La Région n’a-t-elle pas été spectatrice  ? « Pas vraiment. Elle a été actrice via le mouvement citoyen et le relais politique qui a été apporté. L’introduction en cessation environnementale a été introduite à partir du moment où les nuisances ont été objectivées. »

Péage urbain, taxation au kilomètre, pour ou contre ?

Rudi Vervoort : « Il faut se méfier des mesures qui ne concerneraient que Bruxelles intra-muros – les 19 communes – parce que cela mettrait la Région dans une situation de forte tension économique vis-à-vis de l’hinterland. Un péage urbain aurait immanquablement un effet négatif sur l’économie bruxellois. La taxation au kilomètre a quant à elle fait couler beaucoup d’encre. Le test est terminé, voyons si cette mesure peut fluidifier le trafic. Rappelons que la taxation au kilomètre entraînerait une suppression de la taxe de mise en circulation. Elle nécessite est plébiscitée par de nombreux acteurs, y compris la Febiac. Il faut agir. Si rien n’est fait, on va vers une congestion totale de la ville . » Que peut-on faire avant 2020 ? « Mettre en œuvre le RER. 70 % des rails sont là. Infrabel a fait son travail, c’est au tour de la SNCB. Une série de gares doivent être rénovées. On attend désormais qu’on fasse circuler les trains. »

Faut-il privilégier tram ou métro ?

Rudi Vervoort : « Les deux modes de transports ne sont pas antagonistes. La différence, c’est le coût. Le métro, c’est 100 millions par kilomètre. Il sera automatisé à partir de 2016, ce qui permettra de doubler le nombre de passagers. » Pascal Smet (SP.A) veut un métro aérien entre la gare du Nord et le Heysel, qu’en pensez-vous ? « Cette proposition doit être examinée. Nous verrons si on peut lui donner plus de crédit que son idée de piscine en plein air. »

Faut-il encadrer les loyers ?

Rudi Vervoort : « Oui. Bruxelles est une ville avec 60-70 % de locataires. Encadrer les loyers c’est protéger les locataires qui sont parfois captifs de loyers indécents. Dans un premier temps, on le fera sur base volontaire avec un bonus fiscal. »

Comment lutter contre le manque de places dans les écoles ?

Rudi Vervoort : « En augmenter l’offre, bien entendu. C’est ce qui a été fait sous cette législature avec le plan école de Charles Picqué. La Région agit déjà, notamment en facilitant la délivrance de permis d’urbanisme pour les écoles. »

Quelle mesure contre le chômage des jeunes ?

Rudi Vervoort : « Le véritable problème se situe au niveau de l’enseignement des langues et de l’enseignement technique et professionnel. On a renforcé le partenaire entre Actiris, le VDAB et Bruxelles Formation. Le chômage des jeunes a diminué de 6,7 % le mois dernier. Si on maintient ce cap, on pourra dire bravo. »

Faut-il fusionner les communes ?

Rudi Vervoort : « Non ». C’est une idée soutenue par certains partis flamands... « C’est ce que disent certains politiques flamands quand ils découvrent Bruxelles… »

Les Flamands sont-ils surreprésentés à Bruxelles ?

Rudi Vervoort : « Je serais plutôt partisan d’une diminution globale des mandataires régionaux, tout en maintenant une représentation garantie pour la minorité flamande. »

Etes-vous candidat à la ministre-présidence ?

Rudi Vervoort : « Oui. Si je reçois le mandat de l’électeur et que mon parti se trouve en situation de revendiquer le poste. C’est un travail extraordinaire. »

Vincent De Wolf a déclaré durant cette journée spéciale Bruxelles être prêt à entrer dans votre gouvernement comme ministre. Seriez-vous d’accord d’être son ministre ?

« C’est de la politique-fiction. J’ai un objectif : que mon parti soit la première formation politique à Bruxelles (…) mais je prends note de sa candidature. »

Etes-vous prêt à gouverner la Région bruxelloise avec la N-VA ?

Rudi Vervoort : « La question mérite d’être posée en premier lieu aux partenaires flamands. A Bruxelles, rappelons certains principes de gouvernance, les majorités flamandes et francophones sont formées indépendamment. »

Bruxelles, c’est… « ma Région, qui mérite d’être mieux connue. C’est le passé, le présent et l’avenir du pays. »