Le chômage des jeunes enfin à la baisse en 2014

C’est un des fléaux de la Belgique : durant toute l’année 2013, le chômage des jeunes a connu une progression ininterrompue.

Mais l’année 2014 a mieux commencé pour les moins de 25 ans. Le chômage qui affecte cette tranche d’âge connaît enfin un déclin. Léger : – 1 %, mais après une année noire, la tendance est suffisamment remarquable pour que l’Onem la pointe dans son rapport trimestriel. En 2013, le chômage des jeunes avait augmenté en moyenne de 5 %, avec un pic de 8 % au deuxième trimestre.

Fin mars, il y avait donc 60.463 chômeurs de moins de 25 ans en Belgique, contre 61.077 à la fin du premier trimestre de 2013. Une plume au chapeau du gouvernement sortant ? Pas sûr. Un élément conjoncturel joue d’abord à plein. « Le chômage complet des moins de 25 ans suit l’évolution de la conjoncture avec environ six mois de retard », explique-t-on à l’Onem.

Mais une mesure gouvernementale pourrait toutefois aussi avoir contribué à la baisse : le gouvernement a introduit un plan d’aide à l’embauche des moins de 27 ans peu qualifiés. La limite d’âge est d’ailleurs passée à 30 ans au premier janvier dernier. « Le tassement du chômage des jeunes est sans doute dû pour partie à l’introduction de ce nouveau plan », indique l’Onem.

Mais cette accalmie ne doit pas occulter la situation très difficile qui subsiste pour d’autres catégories d’âge, comme les plus de 50 ans. Pour eux, le premier trimestre de cette année a été cauchemardesque : la hausse atteint 11 % par rapport au premier trimestre de 2013. Une hausse qui s’explique en partie par une modification réglementaire : l’âge à partir duquel une demande de dispense de chômage est possible a été repoussé à 60 ans. D’où l’afflux de chômeurs de 58 et 59 ans.

Mais il y a hélas, aussi des tendances lourdes qui expliquent la croissance du nombre de chômeurs âgés : leur poids dans la population active augmente. La tendance sur ces dernières années est très négative : entre le premier trimestre 2007 et le premier trimestre 2014, l’augmentation du nombre de chômeurs de plus de 50 ans atteint 28 %.

La Belgique moins touchée que le reste de l’Europe

Si l’on prend à présent les chiffres globaux du chômage au premier trimestre de cette année, la situation n’est pas glorieuse.

Le nombre de chômeurs a encore augmenté de 4,5 %, ce qui porte le nombre de chômeurs en Belgique à 455.754.

Les régions ne sont toutefois pas logées à la même enseigne. C’est en Flandre que la situation est la plus difficile. La hausse y atteint 9,3 %. Bruxelles (+ 2,4 %) et surtout la Wallonie (+ 1,3 %) limitent beaucoup mieux la casse.

Malgré ces mauvaises nouvelles (à l’exception du chômage des jeunes), la situation de la Belgique n’est pas catastrophique au regard de ce qui se passe dans les autres pays européens. « Lorsque l’on compare le taux de chômage actuel (8,5 %) en Belgique à celui d’avant-crise (7,8 %) on note une progression de 0,7 point de pourcentage. L’augmentation est beaucoup plus importante dans l’Union européenne et dans la zone euro. Dans cette dernière, on est passé de 7,7 % à 11,8 %, soit une hausse de plus de quatre points de pourcentage. », relève l’Onem.