Entreprendre en commerce équitable: une «niche»qui fait des émules

Le Village Partenaire, un centre d’entreprises à Saint-Gilles (Bruxelles), accueillait ce jeudi un Forum de l’entrepreneuriat en commerce équitable, alors que ce samedi 10 mai est la journée mondiale du commerce équitable. S’y côtoyaient quelques dizaines de porteurs de projet ou entrepreneurs attirés par le « fair trade ». Le mouvement reste modeste, étant donné que le commerce équitable lui-même reste très minoritaire dans nos habitudes de consommation. Les produits labélisés Oxfam ou Max Havelaar ne dépassant pas 0,01 % des ventes globales, malgré une progression constante (+ 7 % des ventes pour les produits Max Havelaar en Belgique en 2013). Ce qui ne veut pas dire que les valeurs du commerce équitable ne sont pas partagées par un nombre croissant d’entrepreneurs « durables ».

Combien sont-ils ? Impossible à dire étant donné que l’entrepreneuriat en commerce équitable n’est pas lui-même labélisé. La Belgian Fair Trade Federation (BFTF) regroupe 17 entreprises de commerce équitable à Bruxelles et en Wallonie : on y retrouve Oxfam ou la filiale belge de la marque française Ethiquable, autant que de petits commerces comme la boutique-épicerie-resto Ozfair, les cafés Chorti, les chocolats Belvas ou les vêtements Pachamama. Cette liste n’est sans doute pas totalement représentative d’une sensibilité entrepreneuriale qui peut se manifester de diverses façons : « La première catégorie d’entreprises en commerce équitable en ont fait leur objet social. Ce sont des marques engagées, par exemple des épiceries qui privilégient les filières courtes, dans une logique de commerce équitable “nord-nord”. A côté de cela, il y a de plus en plus de commerçants “classiques” qui intègrent des produits et des principes du commerce équitable. Ce public d’entrepreneurs “convertis” potentiels est plus large. Enfin il y a tous les prestataires de services auxiliaires, agences de communication, graphistes, consultants qui intègrent le développement durable et le commerce équitable à leur démarche », explique Alexandre Bertrand, conseiller au sein de Groupe One, une ASBL active depuis 15 ans dans la sensibilisation, la formation et l’accompagnement des (futurs) entrepreneurs attentifs au développement durable.

Les exemples ne manquent pas. Rien qu’à Saint-Gilles, outre l’épicerie-resto Ozfair évoquée plus haut, on peut citer Topino.be (livraison en ligne de paniers composés de produits locaux et équitables), « Le monde à mes pieds », une pédicure-manucure qui utilise des produits labélisés ou encore « L’Heureux nouveau », qui livre des paniers bio à vélo. Fondée il y a 3 ans, cette dernière occupe 5 personnes et compte 500 familles clientes.

Dans le non-alimentaire, GreenHopping.eu, créé il y a un an par deux diplômées de l’Ichec, fait la promotion du tourisme durable, en mettant en avant des commerces et hôtels équitables dans différentes destinations.

La motivation première de ces entrepreneurs reste les valeurs de solidarité et d’éthique, «  mais les doux rêveurs qui n’ont aucune compétence en gestion sont très rares », souligne Alexandre Bertrand.

Vous trouverez la définition internationale du commerce équitable sur www.bftf.be, ainsi que l’agenda de la Journée mondiale de ce 10 mai à Liège.