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Pas de parité chez les élus: les dix priorités des mouvements de femmes

Une campagne veut lutter contre la sous-représentation des femmes aux places éligibles et aux têtes de liste.

Par la rédaction

Temps de lecture: 5 min

V otez femmes »  : c’est le message de la campagne lancée, à quelques jours du scrutin, par l’association Amazone qui soutient les mouvements de femmes en Belgique. En collaboration avec le Conseil des Femmes francophones de Belgique (CFFB), et avec l’appui de l’Institut pour l’égalité des femmes et des hommes, la campagne vise une répartition 50/50 en politique.

Monique Bargibant, coordinatrice du CFFB, explique qu’« aujourd’hui, il doit y avoir une parité hommes-femmes sur les listes. On a également obtenu l’alternance pour les deux premières places de chaque liste. Il y a une évolution positive, mais ce n’est pas suffisant ».

Malgré les efforts qui ont été accomplis, il reste encore des inégalités à tous les niveaux de pouvoir. Au gouvernement fédéral par exemple, huit ministres sur treize sont des hommes, et cinq secrétaires d’Etat sur six… On retrouve le même type de ratio aux parlements européen, fédéral et régionaux. Le parlement bruxellois se rapproche le plus de l’équilibre avec près de 44 % de femmes élues lors des dernières élections.

Les choses vont-elles changer ?

Un petit coup d’œil sur les listes électorales permet de se rendre compte que la parité hommes-femmes est respectée. Normal, puisque c’est obligatoire. Depuis 2002, une loi impose aux partis de présenter autant de candidats masculins que féminins. Les deux premiers candidats de chaque liste doivent également être de sexe différent.

Mais pour le reste, il n’y a pas de règle. Monique Bargibant revendique l’équilibre grâce au mécanisme de la tirette (alternance entre les hommes et les femmes) sur toute la liste. « On ne veut plus que les femmes soient reléguées en fin de liste, on veut un réel partage du pouvoir. Pour le moment, seul Ecolo le fait. Il y a encore du travail à faire au sein des autres partis. »

39 % des candidates se trouvent à des places éligibles. Cela représente une légère diminution par rapport aux fédérales de 2010 où 41 % des places éligibles étaient occupées par des femmes.

D’après Françoise Claude du service d’études des Femmes Prévoyantes Socialistes (FPS), « il faut au minimum 35 à 40 % de femmes dans une assemblée pour qu’elles soient prises au sérieux et pour qu’elles influencent les décisions ». Le nombre de femmes éligibles pour l’après-25 mai n’est dès lors pas un mauvais score.

Mais pour l’association Amazone, ce n’est pas assez. Dans sa campagne, elle insiste sur l’équilibre « parce qu’il est prouvé scientifiquement qu’une répartition 50/50 entre femmes et hommes aux postes à haute responsabilité mène au succès, parce qu’ensemble, nous réalisons de meilleurs et plus grands défis politiques ».

Elodie Debrumetz, porte-parole de l’Institut pour l’égalité des femmes et des hommes, met l’accent sur un autre aspect discriminant. « Il reste une réflexion à mener au sein des partis en ce qui concerne les têtes de listes qui sont encore très souvent masculines. » Moins d’une tête de liste sur trois pour les élections fédérales est une femme. C’est peu, mais c’est en légère hausse par rapport à 2010.

Des féministes avant tout

Françoise Claude (FPS) est persuadée que « les femmes politiques défendent mieux les intérêts et les droits des femmes. Mais ce n’est pas absolu. Certains hommes ont une approche très féministe et inversement certaines femmes sont plutôt rétrogrades en ce qui concerne l’égalité des sexes ». Même son de cloche auprès de Monique Bargibant (CFFB). « Avant tout, il faut qu’elles soient féministes. Ce n’est pas le cas de toutes les femmes qui font de la politique. »

Petit à petit, les femmes prennent leur place dans le monde politique qui a longtemps été réservé aux hommes. Dès 2018, elles devraient être plus nombreuses puisque le système de la tirette sera rendu obligatoire pour les listes des prochaines élections communales et provinciales.

Quant à savoir s’il y aura assez de candidates pour remplir ces nouveaux postes, Monique Bargibant (CFFB) en est convaincue. « Souvent, on nous dit qu’il n’y a pas assez de femmes. C’est faux, les femmes sont actives. On le voit au niveau communal, mais également dans les entreprises, les universités, les associations… »

Revendications : les dix priorités des mouvements de femmes

À quelques jours des élections, plusieurs organisations ont dressé une liste de dix revendications qui vise à améliorer l’égalité hommes-femmes dans la société.

Le Conseil des Femmes Francophones de Belgique, le Lobby Européen des Femmes, le Vrouwenraad, les Femmes Prévoyantes Socialistes, le Vrouwen Overleg Komitee et la Marche Mondiale des Femmes ont voulu interpeller les politiques. Trois mesures fortes et symboliques sont émises pour chaque niveau de pouvoir.

Europe

Les mouvements de femmes réclament la nomination d’une coordinatrice européenne responsable des droits des femmes et de l’égalité hommes-femmes.

Ils veulent également faire de 2016, une « année européenne de lutte contre les violences faites aux femmes et aux filles ».

Enfin, ils voudraient que l’accent soit mis au niveau européen sur la garantie de l’indépendance économique des femmes par la promotion de l’emploi, la lutte contre la pauvreté et l’élimination de l’écart de rémunération et de pension entre hommes et femmes.

Fédéral

Les six associations prônent l’individualisation des droits sociaux et fiscaux à la place des droits dérivés.

Elles demandent la ratification de la Convention d’Istanbul qui veut lutter contre la violence à l’égard des femmes et la violence domestique.

En guise de troisième mesure pour le fédéral, les associations revendiquent l’élimination de l’impact négatif des mesures de politique socio-économique sur la situation des femmes et des hommes.

Régional

Elles espèrent une attention accrue pour l’emploi et la formation.

Elles insistent sur la nécessité de prévoir des services d’accueil à l’enfance et de soins aux personnes âgées et dépendantes. Cette mesure permettrait de garantir l’indépendance économique des femmes.

Elles proposent également de lutter contre les stéréotypes à l’école dès le plus jeune âge.

Transversal

La dixième et dernière proposition concerne tous les niveaux de pouvoir. Une politique de défense des droits des femmes doit être mise en place de manière cohérente et durable. Il est également indispensable de prendre en compte la diversité et la spécificité des femmes en proposant des financements de nature différente pour lutter efficacement contre la crise

Les photos de la campagne

Marc Eyskens (CD&V)

Willy Claes (SP.A)

Philippe Busquin (PS)

Herman De Croo (VLD)

José Daras (Ecolo)

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