Etudiants-entrepreneurs : l’exemple gantois

L’Université de Gand a été la première en Belgique à créer un statut d’étudiant-entrepreneur , en 2011. L’objectif est simple autant que louable : faciliter la vie de l’étudiant qui souhaite mener de front études et projet d’entreprise, en le guidant (coaching) et lui apportant un peu de flexibilité dans sa vie pratique. En trois années, quelque 130 étudiants ont bénéficié de se statut accordé pour un an et renouvelable. Le nombre augmente un peu chaque année. Il y a 53 étudiants-entrepreneurs cette année. Tous planchent sur des projets d’entreprises concrets. L’un des participants à la première « promotion » a entretemps lancé la start-up Endare, qui développe des applications pour professionnels sur tablette et a entretemps connu une belle exposition médiatique en Flandre pour son appli conçue pour Google Glass, en partenariat avec le journal De Standaard.

Les projets ont souvent une forte teneur technologique, le statut d’étudiant-entrepreneur étant né au sein de la faculté d’informatique. Mais il a rapidement été étendu à l’ensemble de l’université.

Ghentrepreneur

L’autre grande originale gantoise est de jeter des ponts entre étudiants-entrepreneurs de l’université et des hautes écoles Artevelde et HoGent, qui ont également leurs propres statuts. Tous les entrepreneurs en herbes quittent régulièrement les bancs d’école et se réunissent sous la coupole Ghentrepreneur. Ce programme soutenu par la Ville de Gand et la Région flamande (via Agentschap Ondernemen) organise notamment une série d’ateliers et événements qui visent à partager les bonnes pratiques. Il donne également une belle visibilité aux porteurs de projet à travers l’élection des « étudiants- entrepreneurs gantois » de l’année.

De quoi peut-être inspirer le monde de l’enseignement supérieur au sud du pays, en attendant un jour un statut légal pour l’étudiant-entrepreneur, synonyme de droits sociaux et fiscaux spécifiques. Le plafond de revenus actuellement autorisé pour un étudiant jobiste et près de 5 fois supérieur à celui d’un étudiant qui générerait son propre business. Normal ?

Au nord du pays, le ministre-président Kris Peeters s’est engagé publiquement, lors d’un discours à Agentschap Ondernemen (plus ou moins l’équivalent de l’ASE en Wallonie, en faveur de la création d’un tel statut.