De Wever évoque deux scénarios : «La N-VA à tous les niveaux ou une tripartite classique»

Le Roi n’a pas tardé à entamer ses consultations en vue de la désignation d’un informateur ou d’une autre personnalité politique en -eur pour le gouvernement fédéral. En fin de matinée, il a reçu le Premier ministre Elio Di Rupo, venu lui présenter la démission de son gouvernement. Selon la tradition, le Roi l’a acceptée et a chargé le gouvernement de la gestion des affaires courantes.

Ensuite, toujours selon la tradition, Philippe a reçu le président de la Chambre, André Flahaut, avant la présidente du Sénat, Sabine de Béthune.

« La N-VA à tous les niveaux »

Ce mardi, Bart De Wever recevra les présidents de parti pour un premier entretien afin de former le nouveau gouvernement flamand. Le président de la N-VA a évoqué ce lundi soir deux scénarios pour la formation des futurs gouvernements: «ou bien la N-VA à tous les niveaux, ou bien une tripartite traditionnelle».

«Je vois deux scénarios: ou bien un gouvernement avec la N-VA à tous les niveaux, ce que je souhaite et pour lequel je sais avec qui je dois parler. Ou bien le scénario dont je crois que le PS veut: la tripartite classique», a-t-il affirmé lors de l’émission Terzake de la VRT.

M. De Wever a ajouté souhaiter un gouvernement «qui soit idéologiquement conforme».

Le CD&V estime que c’est aux nationalistes de la N-VA de prendre l’initiative pour la formation des gouvernements fédéral et flamand. Le parti s’oppose toutefois à une approche liée de ces deux négociations, qui ferait que la constitution d’un gouvernement fédéral devrait attendre la mise sur pied d’un exécutif au niveau flamand.

Le CD&V a aussi maintenu son point de vue de refuser «toute nouvelle aventure institutionnelle» et de privilégier la mise en oeuvre de la 6ème reforme de l’Etat.

Le Roi ne veut pas perdre de temps

Cet après-midi, dès 14 heures, le Roi a débuté son tour des présidents de parti démocratique, dans l’ordre du nombre de sièges obtenus à la Chambre. Bart De Wever, président de la N-VA (33 sièges), parti le plus important du pays, a donc été reçu en premier.

Il a ensuite été suivi du PS (24 sièges). Le parti socialiste n’a pas envoyé un mais deux présidents en audience au Palais de Bruxelles : le président en titre Elio Di Rupo et le président ff Paul Magnette. Une première.

Après les deux socialistes, le Roi a reçu Charles Michel, le président du MR (19 sièges).

C’est Benoit Lutgen, président du CDH (9 sièges), qui s’est ensuite rendu chez le Roi. Normalement il était prévu que ce soit au tour de Wouter Beke, mais le président du CD&V se trouvait au même moment sur un plateau de télévision avec tous les autres présidents de parti flamands. Du coup, c’est Benoit Lutgen qui est arrivé… sans chauffeur.

Après cette petite surprise, c’est la présidente de l’Open VLD (14 sièges), Gwendolyn Rutten, qui a pris le chemin du Palais.

La présidente des libéraux flamands a été suivie par Bruno Tobback, président du SP.A (13 sièges).

Le chef de file du CD&V, Wouter Beke a finalement été reçu par le Roi.

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Le Roi ne recevant que les partis démocratiques, le Vlaams Belang ne sera pas convié au Palais. Mais bien Mischaël Modrikamen du PP, comme la dernière fois. Le président du PTB, Peter Mertens, sera aussi reçu, pour la première fois. Après le SPA (13 sièges), le Roi doit encore recevoir : Wouter Beke (CD&V, 18 sièges), Emilie Hoyos et Olivier Deleuze (Ecolo, 6 sièges), Wouter Van Biesen (Groen, 6 sièges), Peter Mertens (PTB-Go, 2 sièges), Olivier Maingain (FDF, 2 sièges) et Mischaël Modrikamen (PP, 1 siège). Une partie de ces rendez-vous aura lieu aussi demain.

Le Roi ne veut manifestement pas perdre de temps, mais au contraire aller vite : le Palais annonce qu’il clôturera ce premier tour de consultations dès mardi midi. Et il n’est pas exclu que, dès demain, une personnalité politique se voie confier une mission. D’information, de médiation ou autre.

On l’a compris : face à la situation délicate, le Roi ne tarde pas à lancer ce que l’on peut appeler le deuxième tour des élections : celui de la formation du gouvernement fédéral. Qui ? Pour l’heure, plusieurs partis font clairement passer le signal qu’il faut placer Bart De Wever devant ses responsabilités. Si les consultations des présidents confirment cette tendance, Bart De Wever pourrait effectivement se voir confier une mission en -eur. Lui qui a aussi fait connaître son intention d’aller vite pour la formation des gouvernements.