Les 28 mandatent Herman Van Rompuy pour trouver un président pour la Commission

A l’issue du sommet informel des chefs d’Etat et de gouvernement des 28 tenu ce mardi soir à Bruxelles, le président du Conseil Herman Van Rompuy a été comme prévu mandaté pour une mission de consultation entre le Conseil et le Parlement européen (PE) au sujet de la nomination du prochain président de la Commission européenne.

Plus tôt dans la journée, les chefs de groupes des partis politiques du PE avaient fait parvenir aux chefs d’Etat et de gouvernement (le Conseil) une lettre indiquant que Jean-Claude Juncker, candidat du parti ayant remporté le plus de sièges au Parlement à l’issue de l’élection de dimanche, va entamer une tentative de réunir une majorité parlementaire autour de lui. Les 28 dirigeants ont indiqué « avoir pris note » de cette lettre. Mais ils ne sont pas allés plus loin, se refusant à acter, comme l’auraient voulu les dirigeants du Parlement, la procédure que ce dernier s’est choisie, et selon laquelle le « chef de file » de parti qui aura réussi à former une majorité autour de son nom au Parlement, devrait être désigné ensuite par le Conseil. Une phrase dans le communiqué publié à l’issue du dîner pesait lourd : «  En ce qui concerne la marche à suivre, le Conseil européen, en tant qu’institution qui établit l’agenda stratégique, a un rôle clé à jouer et doit donner une claire direction. » Autrement dit: pas question que quiconque d’autre (le Parlement) s’attribue indûment le direction des opérations.

Pour Merkel, le processus est complexe

Commentant ces décisions, la chancelière Angela Merkel s’est montrée assez claire.. pour expliquer que le processus est complexe, et ne se limite pas à la seule désignation d’un titulaire pour un poste. « Il faut d’abord s’entendre sur les grands axes de l’action européenne à venir, pour répondre aux attentes des gens, en matière de compétitivité, de création d’emplois, de climat et d’énergie, de politique de défense… Et il faudra poser des jalons en concertation avec le Parlement européen. (…) Herman Van Rompuy devra donc mener ses consultations tant sur le programme que sur la distribution des postes. Car en dépit du fait que le PPE (droite modérée, NDLR) est la plus grande force dans le nouveau Parlement, il n’a pas de majorité autonome, et il faudra donc travailler sur un tableau de personnes plus complexe pour trouver un compromis. Ce qui compte pour nous, c’est d’abord le contenu. Herman Van Rompuy mènera ses consultations en concertation avec le Parlement européen et Jean-Claude Juncker », a encore précisé la chancelière. Celle-ci soutient-elle Jean-Claude Juncker, qu’elle a contribué à faire désigner candidat du PPE à la présidence de la Commission ? « Il est le candidat de mon mouvement, mais il faut maintenant mener les consultations. » Jean-Claude Juncker n’est donc, pour le moins, pas adoubé, même s’il reste un candidat bien placé. Quant à savoir si les chefs de gouvernement ont discuté de l’hypothèse de choisir un président de Commission ailleurs que dans la liste des candidats qui ont fait campagne lors des élections ? « On n’a pas discuté de cela… » répondait la dirigeante allemande.

Il faut un accord entre le Conseil, le Parlement et les différents partis

En substance, le message des 28 dirigeants, tel que présenté par la chancelière, est le suivant : il faut trouver un accord entre le Conseil et le Parlement européen, mais aussi entre les différents partis. « Il faudra aussi l’accord des socialistes », ajoutait la chancelière, laquelle a insisté sur le fait que c’est bien avec le nouveau Parlement européen, et non avec l’ancien qu’il faudra négocier. Autrement, plus avec les Joseph Daul (PPE) et Hannes Swoboda (socialiste), les chefs de groupe sortants mais qui ne se représentaient plus, qui s’étaient encore rendus en émissaires du Parlement chez Herman Van Rompuy mardi après-midi.

Enfin, tout cela devra se faire « dans un esprit de camaraderie. Car il y a au sein du Conseil des chefs de gouvernement qui ne sont ni du PPE, ni socialistes, complétait Angela Merkel, et la solution idéale serait de trouver un accord sur toutes ces questions au consensus.

Herman Van Rompuy va donc entamer un travailleur très belge d’informateur… qui pourrait bien se muer au fil du temps en formateur. Avec une échéance : le prochain sommet officiel des 26 et 27 juin.