Charles Picqué: «Un gouvernement sans le PS? Ce serait une grave erreur»

C’est l’ancien Ministre-président bruxellois socialiste Charles Picqué qui était l’invité du Grand Oral La Première-Le Soir ce samedi sur La Première en Radio. L’occasion évidemment de revenir sur les résultats du scrutin du 25 mai et d’évoquer aussi largement les scénarios qui circulent en matière de coalition

Pour Charles Picqué c’est clair, il faut tenir compte du fédéral dans la constitution des gouvernements régionaux et communautaires. Il lance d’ailleurs un avertissement à ceux qui seraient tentés de former un gouvernement fédéral avec la NVA et sans le PS : «  je pense qu’ils commettraient une sérieuse erreur, ils seraient otage d’une NVA qui aurait pour objectif des réformes socio-économiques mais qui ne s’embarrassera pas trop de scrupules pour avancer sur le plan communautaire (…) ça créerait quelque chose de terrible au sud du pays ou ce gouvernement national n’aurait pas de légitimité  »

« Bruxelles : Il faut tenir compte du MR, mais le MR de qui ? »

Sur la constitution d’une majorité Bruxelloise, l’ancien ministre-président donne quelques indications. Sur le FDF : «  c’est clair qu’à Bruxelles le FDF est assez proche de nos thèses, d’autre part le MR est la deuxième force politique à Bruxelles, mais il faudra voir au MR qui va parler, qui va mettre en avant les priorités  ». Serait-ce une question de personne, entre Charles Michel, Vincent De Wolf ou Didier Reynders ? : « Ça dépendra de qui va dominer le débat interne au MR  »

« On peut faire des aménagements, sur l’index et sur le décret inscription »

Sur le plan du programme, Charles Picqué fait quelques ouvertures, sur le décret inscription mais aussi sur l’index : «  il y a peut-être moyen d’adapter l’index, dans la marge de négociation qui reste, il y a des formules qui sont sur la table (…) on peut y réfléchir sans toucher à la préservation du pouvoir d’achat des ménages  ». De là à imaginer que le PS puisse s’asseoir à table et discuter programme avec la NVA «  C’est inimaginable ! Vous pouvez aussi me demander si Bart De Wever est capable de se convertir en quelques heures aux mérites de l’état providence, ça ne va pas être comme ça…  »

« Le président du PS ? Magnette. »

Quant à savoir qui au PS tient aujourd’hui la barre, Charles Picqué est clair. A la question de savoir si c’est toujours Elio Di Rupo qui est président du parti et Paul Magnette faisant-fonction, la réponse fuse «  Mais non, c’est évidemment Paul Magnette le président, mais jusqu’à présent je n’ai senti aucune fissure dans les relations entre eux  ».

Il ajoute aussi à l’intention de Frédéric Daerden qui règle ses comptes avec la Fédération liégeoise du PS et son président Willy Demeyer en particulier ? « Il ferait mieux de se taire  »

Enfin celui qui est aussi Bourgmestre de Saint-Gilles est revenu sur le dossier du survol de Bruxelles. «  Ce point doit être à l’ordre des négociations  » Et si la solution ne vient pas assez vite ? «  Alors on fait remonter le temps et on revient à la situation d’avant le plan Wathelet  »

Charles Picqué met en cause Guy Verhofstadt

Charles Picqué met en cause Guy Verhofstadt s’il acceptait la N-VA dans son groupe libéral au Parlement européen : « S’il faisait cela, il perdrait beaucoup de l’aura qu’il a acquise ». Et Charles Picqué de raconter la conversion au social, et à l’humanisme à laquelle il a assistée chez celui qu’on appelait « Baby Thatcher », devenu un croisé de la lutte contre les nationalismes