Premier magasin belge sans emballage

La première boutique alimentaire sans emballage va ouvrir en Belgique. Le concept a deux grands atouts : la lutte contre les déchets et la chasse au gaspillage alimentaire.

Temps de lecture: 4 min

« L’idée est que les clients apportent leurs propres récipients », explique Savina Istas, entrepreneure de 25 ans, créatrice du premier magasin belge d’alimentation sans emballage, « Robuust ! – Zero Waste Shop ».

Suremballage et gaspillage alimentaire : notre mode de consommation est doublement problématique. Dans une poubelle ménagère, les emballages occupent la moitié du volume, et comptent pour plus d’un quart de son poids. On estime ainsi que chaque Belge jette plus de 75 kg d’emballages annuellement. Et concernant le gaspillage alimentaire ? Ce sont en moyenne 20 kg de nourriture qui se retrouvent à la poubelle par an et par habitant. Un quart de la nourriture produite mondialement est jeté sans être consommée. Selon le parlement européen, si rien n’est fait pour enrayer ce phénomène, le gaspillage alimentaire sera de 40 % en 2020.

Savina Istas a la volonté de faire changer les choses. Suite aux contacts pris avec des personnes qui font délibérément le choix de vivre sans déchets, elle a décidé de se lancer dans l’aventure : le 10 août, elle va ouvrir à Anvers le tout premier magasin sans emballage de Belgique, et le 5ème de par le monde. Pense-t-elle déjà à ouvrir d’autres magasins du genre ? « Après Anvers, ce sera vraisemblablement Gand où le mouvement intéresse beaucoup les citoyens. De plus, j’offre la possibilité d’ouvrir des franchises. Si des entrepreneurs sont intéressés pour établir ce concept en Wallonie, c’est possible ! »

Dans les rayons de sa boutique, les marchandises sèches auront la part belle. Ainsi, le riz, les pâtes, les biscuits, les épices, le café ou encore le thé seront disposés dans des récipients – des seaux et des silos –, sur un mur grand de 6 mètres. Et ils s’achèteront au poids. De grands seaux de 5 litres contiendront des sauces, du yaourt ou de la confiture. Sélectionner la quantité désirée permet de faire la chasse au gaspillage alimentaire : on achète exclusivement la quantité dont on a besoin. Pour se servir, on remplira le bocal ou le récipient que l’on aura pris le soin de prendre de chez soi. Et si par malheur on l’avait oublié ? L’entrepreneure a prévu le coup et proposera à la vente des bocaux et des bouteilles de tout calibre. Après usage, il sera possible de les ramener au magasin et d’être remboursé. Le système est d’une simplicité déconcertante : à l’entrée de la boutique, le récipient est tout d’abord taré et étiqueté. Une fois rempli, il est à nouveau pesé lors du passage à la caisse. On ne paie donc que le poids exact de l’aliment choisi.

Le focus est mis sur le bio et la valorisation des circuits-courts. Ainsi, les fruits et légumes proviendront d’agriculteurs biologiques des alentours. Des boissons seront aussi disponibles, comme du lait frais, des jus de fruits – orange, pomme et poire – et du vin. Enfin, au rayon non-alimentaire, on trouvera certains produits ménagers et d’hygiène personnelle, comme les savons, les shampoings, les huiles essentielles, les lessives et les détergents. Leur production est artisanale et réalisée par des citoyens vivant à proximité.

« ll y aura également des articles permettant de vivre de manière plus écologique », explique Savina Istas. « Par exemple, des sacs en tissus, des pailles et des boîtes à tartine en acier inoxydable ou encore des chiffons réutilisables. »

L’idée du tout « sans emballage » n’est pas neuve, elle ressemble même à un retour à l’époque de nos grands-mères. Pourtant le concept est résolument dans l’air du temps. A Berlin, la création de la première boutique du genre en mai 2014 a déchaîné les foules de donateurs sur un site de crowdfunding. Une levée de 20.000 euros en moins de 24 h ! Alors qu’elles demandaient 45.000 € pour se lancer, les 4 entrepreneures allemandes ont finalement collecté plus de 100.000 €. Un raz de marée ! La démarche de Savina Istas est en tout point similaire. La seule différence, et elle est de taille, est sa difficulté à financer son projet. La démarche de crowdfunding est loin de rencontrer le succès escompté. Mais l’entrepreneure flamande a un plan B.

 

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