Sarkozy aurait dissimulé 17 millions d’euros de frais de campagne

Bien plus que ce que l’avocat de la société Bygmalion a jusqu’alors reconnu. Le site Mediapart a pu consulter la comptabilité de la société qui a créé la polémique.

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En 2012, ce sont 17 millions d’euros de frais de campagne de Nicolas Sarkozy qui ont été dissimulés aux autorités de contrôle, ressort-il d’une comptabilité interne de la société Bygmalion que Mediapart a pu consulter.

Jusqu’à présent, l’avocat de la société événementielle parlait d’un montant de 11 millions d’euros qui aurait été surfacturé par l’UMP à l’agence gérée par des proches de Jean-François Copé. Selon Mediapart, ce montant atteindrait finalement 17 millions d’euros.

«  Les enquêteurs de l’Office central de lutte contre la corruption ont mis la main sur une clef USB contenant une double facturation établie par Event & Cie (la filiale événementielle de Bygmalion) pour les 44 meetings électoraux de Nicolas Sarkozy. Dans un premier classeur, sobrement intitulé ’Factures 2012’, sont rangées les factures officielles, avec les tarifs déclarés à la commission des comptes de campagne. Dans un second, baptisé ’Balances 2012’, se niche une comptabilité secrète avec les prix réels meeting par meeting, souvent trois ou quatre fois plus élevés, parfois jusqu’à sept fois (comme à Marseille) », explique ainsi le site d’informations qui publie la comptabilité complète de Bygmalion et le détail du financement, et évoque «  une fraude industrielle majeure ».

Lavrilleux en garde à vue

L’ancien directeur adjoint de la campagne présidentielle de Nicolas Sarkozy en 2012, Jérôme Lavrilleux, a été placé en garde à vue mardi matin selon une source judiciaire. C’est lui qui avait reconnu le 26 mai que des meetings de Nicolas Sarkozy avaient été indûment facturés par Bygmalion à l’UMP pour éviter un dépassement du plafond des dépenses de campagne autorisé par la loi.

Selon Le Monde, dont les journalistes ont recueilli le témoignage, l’homme ne compte pas tomber pour les chefs  : « Il va raconter ce jour d'avril 2012 où il assure avoir été prévenu par Eric Cesari, directeur général de l'UMP, très proche de Nicolas Sarkozy, et Fabienne Liadzé, cheville ouvrière de l'UMP, d'une décision prise en haut lieu : plus possible de continuer la campagne sur les comptes officiels, il faut maquiller les dépenses (...) Qui a pris la décision initiale ? M. Lavrilleux cite nommément Guillaume Lambert. Le directeur de la campagne de M. Sarkozy, son ancien chef de cabinet à l'Elysée, aujourd'hui préfet de la Lozère. Et il va mettre en cause la garde rapprochée de Nicolas Sarkozy, celle qui impulse le mouvement, décide des grandes orientations. »

 

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