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L’AFP s’explique sur la diffusion des terribles photos d’exécutions en Irak

Pour l’agence de presse, les clichés « sont les seuls témoignages disponibles » des atrocités en cours.

Temps de lecture: 3 min

Q ue faire des photos effroyables d’Irak ? ». L’agence de presse francophone revient sur le choix de diffusion des photos publiées par l’État islamique d’Irak et du Levant (EIIL). Une décision qui ne pouvait qu’être prise avec « les plus extrêmes précautions ».

Dimanche, les photos des militants de l’EIIL exécutant des soldats et relayées par les comptes Twitter de mouvances djihadistes se sont répandues sur les réseaux sociaux. Pour l’agence de presse, ces clichés qui « relèvent clairement de la propagande extrémiste » ne pouvaient être diffusés qu’avec une raison valable. Cette raison, l’AFP l’a rapidement trouvée, c’est le droit d’informer : « [Les photos] témoignent face au public et face à l’histoire de l’extrême dureté de la situation actuelle en Irak », détaille Roland de Courson, éditeur du blog AFP Making-of.

Patrick Baz, responsable photo de l’agence pour le Moyen-Orient et l’Afrique du Nord, renchérit : « Pour le moment, aucun journaliste, aucun observateur indépendant ne peut s’aventurer dans les endroits tenus par les djihadistes sans être promis à l’enlèvement ou à la mort. Ces photos sont les seuls témoignages disponibles. Certes, elles sont faites avant tout à des fins de propagande pour terroriser l’ennemi mais il s’agit d’illustrations qui vont entrer dans l’histoire. Tout comme les images d’officiers nazis exécutant des résistants et des juifs. » L’agence précise toutefois que les images dont la « valeur informative est douteuse ou nulle » n’avaient pas été utilisées.

Diffuser des photos violentes oui, mais à condition qu’elles soient informatives. L’AFP précise qu’elle livre des photos aux médias du monde entier. Chacun a pris la décision de les publier ou non. Le Soir – après débat interne – a pour sa part choisi de filtrer les photos les plus explicites, choquantes, jugeant que le fait de montrer les cadavres n’apportait pas un surplus informatif suffisant. Ce choix a par ailleurs été motivé par le fait qu’au moment de la diffusion des images, personne n’était en mesure de certifier leur authenticité (voir notre article).

S’assurer que les images n’ont pas été truquées

Comment l’agence s’est-elle assurée que les images n’étaient pas truquées ? « [On devait] savoir si des cadavres supplémentaires n’avaient pas été ajoutés à l’aide d’un logiciel de type Photoshop, afin de rendre la photo encore plus impressionnante », précise l’AFP sur son blog. Grâce à Tungstène, un logiciel de détection de retouches photographiques, l’agence a pu démontrer que les photos des exécutions opérées par l’EIIL en Irak « ne comportaient pas de manipulation significative ». Les quelques retouches opérées par l’EIIL auraient servi à masquer des visages ou des éléments de reconnaissance des lieux. En clair : on ne parvient certes pas à identifier et localiser les bourreaux, mais le contenu informatif en tant que tel de l’image n’est pas altéré.

À l’heure où la manipulation de l’information est monnaie courante, tout le monde n’est cependant pas certain de l’authenticité des photos. En dépit de l’expertise de l’AFP, un chercheur de Human Rights Watch qui a examiné les photos a déclaré au New York Times qu’il n’était « pas convaincu de leur authenticité ». Du côté de la BBC, on émet aussi des doutes, comme le rapporte le site d’information Slate.fr  : « L’EIIL est d’ordinaire plus prompte à sortir les vidéos de ses opérations que des photos, ces dernières étant plus difficiles à vérifier. »

L’article complet du blog AFP Making-of

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