Les néonicotinoïdes sont partout

En 2011, les ventes de ces insecticides représentaient plus de 2,6 milliards de dollars. De quoi s’agit-il ?

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Les néonicotinoïdes sont des insecticides à base de nicotine. On les appelle « systémiques » en raison de leur capacité à se répandre dans le système végétal à partir d’une seule « porte d’entrée » (de la feuille aux racines, de la racine à la tige et aux fleurs, le pollen, le nectar…). Cette propriété les rend particulièrement actifs et pratiques à utiliser. Comme le fipronil, ce sont des produits neuroactifs, c’est-à-dire qu’ils agissent sur les capacités de traitement de l’information des animaux visés, notamment via un impact sur les voies nerveuses.

Le produit peut être pulvérisé, appliqué à la racine notamment par le biais d’un enrobage des graines. La toxine insecticide reste active non seulement dans la plante mais aussi dans le sol et ce pendant des mois, voire des années. Les néonicotinoïdes sont le groupe d’insecticides le plus largement utilisés dans le monde. Ils représenteraient 40 % du marché. Parmi les composés communs : l'acétamipride, la clothianidine, le dinotéfurane, l'imidaclopride, le nitenpyram, la nithiazine, le thiaclopride, le thiaméthoxam et le fipronil. Ces substances se retrouvent notamment dans le Gaucho et la Cruiser, fabriqués par les géants de l’agrochimie que sont l’allemand Bayer, le suisse Syngenta.

Ces insecticides sont utilisés un peu partout et sous bien des formes : maïs, colza, tournesol, coton. « En arboriculture fruitière, ils sont utilisés quasi-systématiquement, une à deux fois par an, indique Marc Fischers secrétaire général de l’ASBL Nature et Progrès. Ils sont également utilisés en enrobage de semences pour les betteraves, les céréales, parfois le maïs ». Mais surtout, on trouve les néonicotinoïdes dans les jardineries ou les magasins de bricolage au rayon insecticides, abondamment promotionnés : contre les pucerons, les araignées, les limaces, les fourmis ou autres… Ces molécules se trouvent également dans certains produits vétérinaires pour le bétail ou les animaux de compagnie comme les colliers antipuces pour les chats ou les chiens.

En décembre 2013, la Commission européenne a décidé d’un moratoire de deux ans sur l’utilisation de trois néonicotinoïdes (chlothianidine, imidaclopride et thiamétoxam) pour les semences enrobées, les micro-granules et la pulvérisation sur les cultures particulièrement prisées des abeilles, le colza, le maïs, le tournesol et le coton. Les autres usages restent autorisés.

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