Le CDH rejette la note de Bart De Wever

Bart De Wever a fait parvenir, ce matin, par porteur, une note écrite au CDH, au MR et au CD&V, les trois partis pressentis pour former une coalition de centre-droit. Sur la base de ce document, les trois formations étaient invitées à dire si, oui ou non, elles acceptent de s’asseoir à la table de négociations.

Les réponses du MR et du CD&V ont été positives. A 19 heures, à l’issue d’un bureau de parti, le CDH a donné de la voix : c’est non. Il ne négociera pas avec Bart De Wever sur la base du document déposé par l’informateur.

Quelques minutes plus tard, le président du CDH, Benoît Lutgen, justifiait sa décision sur RTL-TVI : « La confiance n’y est pas. La confiance entre partenaires n’y est pas. Nous avons quelques doutes, c’est un euphémisme. » Le CDH n’est pas non plus emballé par la note préparée par Bart De Wever. « Il y a de bonnes choses dans cette note, mais aussi des choses qui ne nous rassurent pas. »

Le président du CDH cite notamment l’indexation automatique des salaires. « Nous n’avons pas nos assurances qu’on n’y touchera pas. » Benoît Lutgen cite aussi l’exemple de la modération salariale. « Bart De Wever voulait une modération de 4 %. C’est 750 euros en moins par an. Ce n’est pas acceptable pour nous. »

Vient enfin le doute communautaire. La note prévoit explicitement qu’il n’y aura pas de réforme de l’Etat. « C’est la moindre des choses, dit Benoît Lutgen. La N-VA était la seule à le vouloir. Tous les autres étaient contre. » Mais même sur ce point, Benoît Lutgen dit ne pas avoir ses assurances. « N’oublions pas que l’article premier des statuts de la N-VA prévoit la fin du pays. Nous gardons des doutes. »

« Une base de travail acceptable » pour MR

Le CD&V, lui, s’était dit « satisfait de voir que les principaux ingrédients de son programme électoral figurent dans la note de l’informateur. »

Le MR, lui, avait vu dans la note de l’informateur une « base de travail acceptable pour franchir une étape supplémentaire ». « Pour le MR, après analyse du contenu, cette note constitue une base de travail acceptable permettant de franchir une étape dans le processus visant à mettre en place un accord de gouvernement exclusivement socio-économique. Le communautaire n’est pas à l’ordre du jour ».

L’informateur, en principe, devrait revoir le roi Philippe ce mercredi.

La note de Bart De Wever comporte une petite vingtaine de pages. Elle s’apparente à une véritable opération de séduction. Ainsi, aucun point communautaire n’y figurerait. Bart De Wever serait d’ailleurs très clair, précisant « qu’aucune réforme institutionnelle ne sera à l’ordre du jour de la prochaine législature ». Pas question, donc, de dégager une majorité des deux tiers : une majorité simple suffira, par exemple la coalition de centre-droit.

Dans la foulée, Bart De Wever esquisse le contexte socio-économique des cinq prochaines années. Et définit ensuite, et c’est bien sûr le cœur du texte, dix principes qui pourraient, selon lui, servir de base de travail à une future coalition gouvernementale. Et c’est là que réside tout l’intérêt du document.

Place à l’emploi

Il y est question d’abord d’emploi. Bart De Wever, selon l’Echo, proposerait notamment d’augmenter la flexibilité du marché du travail, de renforcer l’aide aux PME, de lutter contre les pièges à l’emploi. Au niveau de la fiscalité, le président de la N-VA proposerait une réforme fiscale, afin de soulager la pression sur le travail ; il serait question de shifts fiscaux, notamment via la fiscalité environnementale.

Le système des intérêts notionnels devrait également être revu. Au niveau compétitivité, toujours selon nos confrères, on évoquerait une adaptation du mécanisme de l’index, mais pas de suppression de l’indexation automatique des salaires. L’informateur proposerait par ailleurs de relever le niveau des allocations sociales. Et soulignerait la nécessité de défendre le modèle de protection sociale.