L’architecture contemporaine à Liège

Quatre cents bâtiments et autant de notices, 560 plans, 650 photographies, 397 pages dont six, d’une écriture serrée, réservées à la bibliographie, deux années de production : l’inventaire architectural que vient de dresser la Fédération Wallonie-Bruxelles en collaboration avec l’ULg et les éditions Mardaga n’est pas de ces romans de gare qu’on avale le temps d’un IC Liège-Bruxelles. «  Outil culturel autant que touristique, cet ouvrage vise à renouveler le regard sur la ville et son architecture par la vision qu’il porte sur la modernité », explique Thomas Moore, de la cellule architecture de la Communauté française. Davantage qu’un inventaire, la brique est aussi une réflexion sur l’architecture – et ceux qui la mettent en œuvre – dans son environnement. « L’architecture moderne et contemporaine, de l’Art nouveau à aujourd’hui, peut être difficile à comprendre », continue Thomas Moore, évoquant «  un paysage urbain singulier et parfois brouillé, qui mérite une nouvelle lecture si on veut sortir du “j’aime” ou “j’aime pas”.  » La ville de Liège est ainsi passée au crible, « avec des prolongements vers la Basse-Meuse, Huy et Waremme, la vallée de l’Ourthe », précise Sébastien Charlier, doctorant en histoire, art et archéologie à l’ULg.

Le regard des 48 contributeurs est sans concession, s’attardant sur des architectures que nombre de Liégeois voudraient oublier mais qui, par leur modernité technique, culturelle ou stylistique ont marqué leur époque (la cité administrative, la tour Kennedy…), en oubliant volontairement d’autres comme ce nouveau palais de justice qui, malgré ses 90 millions d’euros, est visiblement une occasion manquée dans le réaménagement urbain. D’autres constructions encore, comme la galerie Opéra, ne trouvent leur place dans le guide que grâce à leur rénovation et leur réaffectation – dans ce cas faites par Daniel Dethier.

Plans, localisations sur une carte, noms des architectes et maîtres d’ouvrage, adresses et prix qui ont éventuellement été reçus accompagnent chaque notice. De même qu’un riche travail photographique tantôt illustratif, tantôt artistique signé par Elodie Ledure, une jeune et talentueuse photographe liégeoise.

Une version électronique du guide est envisagée par les collections Mardaga.