Même sous la torture, Iggy Pop veille sur son image

Amnesty International a présenté ses excuses à Iggy Pop pour avoir utilisé son image à son insu pour sa campagne contre la torture.

Temps de lecture: 3 min

En mai dernier, Amnesty International avait lancé « Stop ! à la torture », une grande campagne contre la torture.

La section de Belgique francophone, sous la houlette de la directrice de la communication Valérie Michaux, a fait le buzz avec des visuels du Dalaï-lama, de Karl Lagerfeld et de Iggy Pop. Ces personnalités avaient le visage tuméfié suite à des tortures. Et sous la torture, on parvient à leur faire dire n’importe quoi. La preuve avec Iggy Pop : « Justin Bieber est l’avenir du rock’n’roll ».

La polémique ? Iggy Pop n’a pas été consulté et une telle utilisation de son image ne lui plaît guère. La branche belge d’Amnesty avait été rapidement contactée par l’agent d’Iggy Pop, qui souhaitait que ses photos soient retirées du site internet. Et des excuses ont été présentées à la rock star américaine pour avoir utilisé son image sans autorisation.

«  Même si nous avons agi de bonne foi, nous tenons à nous excuser envers Iggy Pop de l’avoir fait. L’objectif global de cette campagne est d’essayer d’influencer les idées des gens sur l’utilisation de la torture », indique la porte-parole d’Amnesty. « Nous voudrions également préciser que la déclaration attribuée à Iggy Pop « Justin Bieber est l’avenir du rock ’n’ roll » ne représente pas l’opinion personnelle du chanteur. Elle faisait partie du processus créatif de cette campagne et était destinée à être ironique ».

D’autres « victimes ». La technique de détournement d’images a aussi choqué, en particulier les représentants du Dalaï-lama. Ils ont rapidement pris contact avec Amnesty. « On a expliqué notre démarche au Dalaï-lama qui a tout à fait compris », défend Valérie Michaux.

Quant à Karl Lagerfeld, bien que le créateur n’ait pas réagi, Amnesty a pris contact avec lui. « On a pris les devants et on s’est excusé auprès de Karl Lagerfeld également », ajoute la porte-parole.

La fin justifie-t-elle les moyens ?

Mais le procédé, a posteriori, étonne dans le chef d’Amnesty. Peut-on librement utiliser les images de personnalités sans leur demander leur avis parce que « c’est pour la bonne cause » ?

L’organisation s’explique : « Nous avons travaillé avec des banques d’images, à qui nous avons demandé l’autorisation de pouvoir retravailler leurs clichés avec Photoshop. Nous n’avons cependant pas consulté les personnes qui figurent sur nos affiches. », a déclaré Valérie Michaux. « On a présenté nos excuses aux trois personnalités. Et comme cette action est terminée, on a retiré les photos de notre site internet ».

L’objectif de l’organisation était de montrer les effets de la violence. « Torturez un homme, il vous dira n’importe quoi », affirme l’ONG. « La campagne a eu un succès fulgurant dans les médias et sur les réseaux sociaux. On a pu atteindre plus de 2 millions de personnes et les médias du monde entier nous ont relayés  », explique la directrice de la communication d’Amnesty Belgique. « Grâce à ces visuels, on a pu dénoncer le caractère inacceptable de la torture. »

La fin justifie-t-elle les moyens ? Amnesty International a-t-il réussi son « coup » ? L’organisation a-t-elle pris trop de liberté en utilisant ces images détournées ou est-ce admissible dans ce cadre ? Vos avis dans les commentaires.

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