Les coulisses du tweet de Di Rupo à Obama

Hey Barack Obama, je te parie quelques bonnes bières belges que nos Diables rouges arriveront en quarts de finale ! » Tel est le message, traduit ici de l’anglais au français, que notre premier Ministre a posté sur Twitter à l’attention du président américain, ce jeudi soir, juste après la victoire à São Paulo de l’équipe nationale de foot face à la Corée du Sud. De quoi garantir aux Diables de se frotter aux Américains en 1/8e de final de la Coupe du monde au Brésil.

Qui gère le compte Twitter du 1er ministre ? Pour bien comprendre la suite, il faut savoir que le compte Twitter du premier Ministre, de même que ses profils sur les autres réseaux sociaux populaires comme Facebook et Instagram sont gérés et alimentés non pas par Elio Di Rupo en personne mais par son staff de communication, à savoir Guillaume De Walque, porte-parole francophone, Thomas Mels, porte-parole néerlandophone et Thomas Trothen, responsable des nouveaux médias au 16 rue de la Loi. Pour les messages purement factuels, comme le relais d’une décision prise en conseil des ministres ou la photo légendée d’une rencontre entre le Premier et un chef d’Etat étranger, ces trois-là se concertent puis publient les contenus sans consulter Elio Di Rupo. Mais ils demandent systématiquement l’avis de leur patron lorsque le message revêt une dimension politique, comme le tweet à Obama.

Comment le tweet à Obama est-il né ? Jeudi soir, Elio Di Rupo revient de Ypres où il assiste à la première partie du sommet européen consacrée à la commémoration de la Première guerre mondiale. Le dîner organisé sur place dans la foulée s’achève vers 21h30, ce qui permet au Premier de bondir à l’arrière dans sa berline, direction Bruxelles. Durant le trajet, il regarde la première mi-temps sur son portable. Il rejoint son équipe de communication dans un café de la place Saint-Géry juste à temps pour savourer la deuxième partie du match sur grand écran. Excités comme de très nombreux Belges par les performances des Diables rouges au Brésil, les collaborateurs du socialiste montois ont préalablement brainstormé pour proposer à leur boss un message susceptible de faire le buzz sur Twitter. Ce sont eux qui ont l’idée de mettre le président américain au défi. Di Rupo approuve, amusé.

A quoi sert réellement ce message ? Ce tweet, qui se veut sympathique, surfe sur la vague footballistique actuelle dont de nombreux hommes (et femmes) politiques tentent de tirer profit, avec plus ou moins de bonheur, pour soigner leur image. Toujours fort de son statut de Premier ministre (certes en affaires courantes), Elio Di Rupo marque ici un but imparable dans le match à l’élu qui paraîtra le plus cool. Ce message s’inscrit dans une stratégie de communication bien huilée. Même Stromae n’aurait pas fait mieux.