Le Conseil européen choisit Juncker

C’est par un tweet officiel de Herman Van Rompuy, le président du Conseil européen (les 28 chefs d’Etat et de gouvernement), qu’on l’a appris : Jean-Claude Juncker, 59 ans, ex-premier ministre luxembourgeois, est proposé par le Conseil au poste de président de la Commission européenne. Comme on s’y attendait, et comme David Cameron avait annoncé qu’il l’exigerait, c’est par un vote que les 28 chefs d’Etat et de gouvernement ont pris la décision. Et comme attendu, le Premier ministre britannique a voté contre, de même que son collègue hongrois Victor Orban. Tous les autres membres du Conseil ont voté en faveur du Luxembourgeois.

Le Conseil européen va maintenant transmettre, comme l’y engage le traité de Lisbonne, cette candidature pour approbation au Parlement européen.

L’investiture de Jean-Claude Juncker devrait y être obtenue sans encombre, les principaux groupes du Parlement européen ayant annoncé qu’ils soutiendraient cette candidature. Juncker avait fait campagne lors des dernières élections européennes au nom du Parti populaire européen, qui a remporté le plus grand nombre de sièges au Parlement européen.

Le vote interviendra le 16 juillet prochain à Strasbourg, lors de la deuxième session plénière du Parlement européen.

Tractations prochaines autour du programme

Dans l’intervalle, le président désigné entamera des négociations avec les principaux groupes politiques du Parlement européen, qui comptent bien influencer le « programme de gouvernement » de la prochaine Commission Juncker. Celui-ci devra également tenir compte de l’agenda stratégique à cinq ans élaboré au nom du Conseil par Herman Van Rompuy.

Pour ce qui est des autres hautes fonctions à pourvoir – la présidence du Conseil européen, le poste de Haut représentant pour les Affaires étrangères – les 28 chefs d’Etat et de gouvernement avaient déjà décidé hier jeudi de se retrouver à l’occasion d’un sommet extraordinaire le 17 juillet, soit le lendemain de l’investiture de Jean-Caude Juncker par le parlement européen.

Le choix de Jean-Claude Juncker, contre lequel David Cameron avait mené une campagne implacable, ouvre probablement une période difficile dans les relations entre le Royaume-Uni et le reste de l’Union européenne. David Cameron s’est engagé il y a plus d’un an à organiser en 2017 un référendum sur le maintien de son pays dans l’UE. Et il a laissé entendre que le choix de Jean-Claude Juncker, considéré outre-Manche comme un « archi-fédéraliste européen », risquait de pousser le Royaume-Uni hors de l’Union européenne.