«Sarkozy a voulu prononcer un ‘J’accuse’, il a surtout prononcé un ‘J’abuse’» (Les réactions politiques)

Nicolas Sarkozy a clamé mercredi son innocence sur le plateau de TF1 peu après avoir été inculpé pour « corruption active » de magistrat, dénonçant « une instrumentalisation politique d’une partie de la justice ».

« Je vous le dis dans les yeux, je n’ai rien à me reprocher », a-t-il lancé à des journalistes de la chaîne de télévision privée TF1 et de la radio Europe 1, lors de son premier entretien télévisé depuis sa défaite à la présidentielle de 2012 face au socialiste François Hollande.

En laissant planer le doute sur son éventuel retour en politique à l’automne, il a affirmé n’avoir « jamais » commis « un acte contraire à l’État de droit » et ajouté n’avoir « jamais trahi la confiance » de personne.

Les réactions à gauche

PourJean-Christophe Cambadélis, premier secrétaire du parti socialiste, les accusations de Nioclas Sarkozy vont trop loin. Lors de son intervention télévisée, l’ancien président a dénoncé « une instrumentalisation politique de la justice ».

« Nicolas Sarkozy a voulu prononcer un ’J’accuse’, il a surtout prononcé un ’J’abuse’ », a-t-il déclaré au micro de RTL. Et d’ajouter : « Ce n’est pas parce qu’on a la présomption d’innocence qu’on peut insulter les magistrats, le gouvernement, le président ».

Stéphane Le Foll, le porte-parole du gouvernement, invité d’Europe 1, met en doute la sincérité de Nicolas Sarkzoy. « Ce qui est apparu, c’est qu’il a, dans une stratégie bien connue, joué l’attaque ou la contre-attaque. Dans une position défensive, j’attaque et je porte des accusations de manière assez générale ». »

Et d’affirmer qu’on doit faire confiance à la justice. «  Je considère que la Justice est indépendante, qu’il n’y a plus d’interventions, qu’à partir de là on doit faire confiance à la Justice. »

Le président de l’Assemblée Nationale, Claude Bartolone, a déclaré sur le plateau d’iTELE. Pour lui, l’ancien président de la République, a essayé d’éviter le débat sur fond pour venir sur la forme. « Quand on a été président, on ne malmène pas la République ».

Les réactions à droite

Hervé Marion, député UMP et candidat à la présidence du parti a déclaré sur RFI : «  avoir de la sympathie et de la compassion à l’endroit d’un membre de ma famille politique et en même temps je ne suis pas dans le fond de l’affaire. Je ne vais pas trancher à la place des magistrats ».

Et d’expliquer : « On ne peut pas demander à un justiciable d’aimer ces juges. Il est normal en quelque sorte que Nicolas Sarkozy s’en prenne à ses juges ».

Nadine Morano, députée européenne et proche de Nicolas Sarkozy, a fustigé le comportement du syndicat de la magistrature et de Claire Thépaut, juge en charge du dossier, affirmant que la « justice gagnerait à avoir le même comportement que l’armée et ne pas avoir la possibilité d’être syndiquée ».

Elle a aussi appellé de ses vœux à un retour de l’ancien chef de l’État à la tête de l’UMP : « nous avons besoin d’un vrai leader, d’un chef. Nous avons besoin de quelqu’un qui incarne une vraie politique. Je dis à Nicolas Sarkozy, c’est maintenant ou jamais, il doit revenir ».

Sur France Info, l’ancien Premier ministre Jean-Pierre Raffarin a critiqué la manière dont la justice traite l’ancien président de la République. Pour lui, la garde à vue de l’ancien président, puis sa mise en examen à 2 heures du matin est une « justice-spectacle » qui ne sert ni la vérité, ni la justice elle-même. « Une convocation » si tard « donne le sentiment qu’on cherche une justice-médiatique » qui ne prend pas le temps.