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Marc Wilmots: «Les places d’honneur, ça ne m’intéresse pas!»

Le sélectionneur ne veut pas se contenter d’un tournoi déjà réussi. Entretien, avec notre envoyé spécial au Brésil.

Chef de service adjoint Sports et chef de la cellule foot

Par Frédéric Larsimont

Temps de lecture: 5 min

Le Paradise Golf & Lake Resort est sorti de la quiétude dans laquelle il baignait depuis que les Diables y ont pris leurs quartiers au soir du 10 juin. Jeudi matin, le contingent de la presse belge s’est fait littéralement déborder par la déferlante des médias argentins qui ont fondu sur le QG belge dans un interminable cortège de journalistes et de techniciens qui a presque quadruplé d’un seul coup la population de la tente de presse. Le tout sous l’œil amusé de Marc Wilmots qui a interloqué les suiveurs de l’Albiceleste en affirmant qu’il n’envisageait pas le match de samedi comme une fin de tournoi avec les honneurs.

Marc Wilmots, un mot tout d’abord sur votre après-match et sur la journée de récupération passée à l’abri des regards indiscrets…

On est rentré tard dans la nuit de mardi. Il devait être 3 h du matin, je crois. L’ambiance était plus à la sérénité qu’à l’euphorie. Tout le monde avait déjà un œil sur l’Argentine plutôt que dans le rétroviseur. Les réservistes se sont entraînés sur le terrain alors que j’ai laissé dormir ceux qui avaient joué jusqu’à midi. Les familles ont pu entrer à l’hôtel pendant 20 minutes.

Seulement ?

Je ne suis pas là pour fêter un huitième de finale : je suis là pour gagner des matchs, à commencer par celui qui s’annonce.

Un discours résolument ambitieux ça, non ?

Ecoutez : moi, les places d’honneur, ça ne m’intéresse pas ! A Schalke, un kiné avant un match européen m’a dit un truc sur la table de massage que j’ai toujours retenu : « Marc, quand tu es en quart, tu dois toujours penser à la finale. » Et cette Coupe de l’UEFA, on a fini par la gagner. Je ne vois donc pas pourquoi, dans le cas présent de la Belgique, on devrait se contenter d’un quart de finale. Il faudra bien un jour penser à changer la mentalité belge.

D’accord, mais, en face, c’est tout de même l’Argentine de Messi…

Je sais, merci. Mais cette équipe ne se réduit pas à cette seule individualité. L’Argentine, ce sont des individualités, certes, mais c’est le collectif dans lequel elles s’inscrivent qui fait le tout.

Il n’y aura donc pas de plan anti-Messi ?

On va s’organiser, vous verrez, mais je vous laisse la surprise.

Avec un marquage de zone plutôt qu’une individuelle stricte.

Désolé, je préfère être discret là-dessus.

Le fait de ne pas avoir pu vous entraîner tactiquement avec l’ensemble de votre noyau ne vous perturbe-t-il pas un peu ?

Non, pas trop. Mais, pour le reste, je vois où vous voulez en venir… (sourire).

Aucune crainte par rapport à la dépense d’énergie encourue contre les Etas-Unis ?

Nos prochains adversaires ont aussi joué une prolongation contre la Suisse. On est donc sur un pied d’égalité. J’ai un noyau qui a été préparé pour durer dans ce tournoi. Hormis les coups directs, inévitables dans une accumulation de matchs, l’état général des troupes nous conforte, mon staff et moi, dans nos choix de préparation.

A l’instar de Daniel Van Buyten, au top de sa condition à 36 ans ?

Il tire le groupe par son exemplarité. Daniel, c’est du repos et du calme après l’effort. Regardez-le : il fait tout en vue de la récupération, en buvant beaucoup, par exemple. Je le soupçonne même de dormir avec sa bouteille d’eau ! En tout cas, si j’étais le Bayern, je réfléchirais à deux fois avant de continuer à ne plus lui proposer de contrat.

A Brasilia, l’Estadio Mané Garrincha sera certes peuplé de nombreux aficionados argentins, mais la majorité du public neutre, c’est-à-dire brésilien, sera derrière les Diables vu l’antagonisme séculaire entre la Seleçao et l’Albiceleste : un atout ?

Les stades hostiles, on en a l’habitude, avec l’Ecosse ou la Croatie. Mardi, les trois quarts de l’Arena Fonte Nova soutenaient les Etats-Unis. Ici, les Brésiliens seront peut-être ravis de nous soutenir. Mais, pour vous parler franchement, je ne mise pas sur un soutien du public ou non pour préparer mon match.

Avant les huitièmes, votre pronostic se situait à 50-50 : qu’en sera-t-il face à l’Argentine ?

Même chose. Avec, dans chaque camp, assez de talents individuels qui peuvent faire basculer un match.

On en revient donc inévitablement à Messi…

Comme souvent à ce stade de la compétition, tout est une question de moment : si Messi est dans un grand jour, on va inévitablement avoir des problèmes. Il ne marque pas pour rien 40 buts par an. Mais nous aussi, on a nos individualités. Hazard ou De Bruyne, ça peut faire également très mal à un adversaire, vous savez !

Tactiquement, peut-on s’installer dans une telle rencontre comme on le fait face aux Etats-Unis ?

Et pourquoi pas ? Ce serait la meilleure manière de surprendre l’Argentine. En 2002, les Brésiliens, on leur est rentré dedans ! Ils étaient tout perdus. La suite, tout le monde la connaît…

Et, psychologiquement, le risque d’un blocage dans les premières minutes du match existe-t-il avec une nation chargée d’histoire et gorgée de créativité ?

Ce sera peut-être le contraire, en nous poussant encore plus vers l’avant.

On a beaucoup critiqué le jeu des Belges mais tout a été gommé depuis les huitièmes. Avec le recul, quelle est votre opinion sur le sujet ?

Cette équipe est à l’image de son coach : elle évolue, elle grandit. Mais, à la fin, c’est elle qui fait la décision, pas moi. Je n’ai encore jamais vu un entraîneur qui marque un but. Ce sont eux qui mouillent le maillot ou qui souffrent. Au début, le but était de parvenir le plus vite possible dans le top 10 mondial. Maintenant, l’étape suivante pour cette génération, c’est d’y rester quelques années. Je le leur ai déjà dit. Mais c’est comme dans cette Coupe du monde : il faut arrêter de le dire et il faut le faire !

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