Le Mondial en un coup d’œil: on a trouvé le mentor de Wilmots

La chronique décalée de Vincent Joséphy.

Temps de lecture: 5 min

L’exploit de la semaine

Oh, bien sûr, cela date déjà de quelques jours, le temps pour nous, de nous en remettre un peu. Mais revenons un peu sur ce match Belgique-Etats-Unis appelé à s’inscrire durablement au patrimoine belge des exploits footballistiques au même titre que Belgique-URSS de 1986, Belgique-Argentine de 1982, Belgique-Kazakhstan version Vandereycken en 2006, Werder Brême-Anderlecht ou Standard-Arsenal en 1993 et surtout Westerlo-Lommel de 2001 (finale de Coupe de Belgique avec but de Delen, pour les incultes). Voire la saga des OHL-Mons ou Cercle-Beerschot des PO3 ces deux dernières saisons. Des collectors !

Durant ce match, suivi par près de 4 millions de Belges (ils faisaient quoi au fait, les autres ? Ils regardaient Joséphine ange gardien ?), on a tout vu, tout vécu, failli mourir de stress mais surtout fait quelques (re)découvertes intéressantes pour la suite de la compétition. D’abord sur les flancs défensifs. Pointés du doigt avant le Mondial comme maillons faibles potentiels à ces postes toujours problématiques, Vertonghen et Alderweireld ont été grands, beaux et forts à la fois pour faire taire les critiques dans un rôle qui, rappelons-le, n’est pas le leur. Un peu comme si Courtois était aligné en demi-def’, Hazard au but ou Ciman sur le terrain, en quelque sorte.

Défensivement quasi irréprochables, « onze » Jan en « onze » Toby or not Toby, pourtant menacés de suspension, n’ont pas hésité à apporter leur contribution offensive avec un enthousiasme jamais démenti, qui a fait vomir le premier après 90 minutes (les hommes savent pourquoi) et légèrement décoiffer le second, c’est dire. Outre ces deux flèches sur les flancs, on a également apprécié la belle première titularisation de Divock Origi, sorte de Patrick Kluivert 2.0 (le crachat sur Staelens en moins), et surtout la belle montée au jeu de Romelu Lukaku pour la prolongation.

Outre le fait qu’il ait amené le premier but de De Bruyne dans un remake de sa ballade de déménageur d’armoire normande déjà entrevue en Croatie, Romelu a également marqué le second but qu’il s’est empressé d’aller dédier aux yeux du monde à son père, cloué en Belgique pour cause de mal chronique au dos. A ce sujet, Roger, faudrait sérieusement arrêter d’essayer de porter le fiston sur le dos, il a passé l’âge et toi aussi. Ce qui est plus fort encore, c’est que le sauveur de la nation, qui avait déjà endossé ce rôle à Zagreb, n’a pas jugé utile de profiter de la tribune qui lui était offerte après le match pour cracher son venin sur ceux qui avaient eu l’outrecuidance de le clouer au pilori. C’est grand, ça, Rom’ et c’est (aussi) pour ça qu’on t’aime. Reste à voir qui endossera sa cape de super-héros dimanche, puis mercredi et dimanche prochains. Nous, on s’en tape, pourvu qu’on ait l’ivresse.

La phrase de la semaine

Elle émane de Marc Wilmots, who else ?, comme dirait le beau Georges (pas Leekens, hein). «  Je ne ferai la fête qu’après la finale. Les places d’honneurs, cela ne m’intéresse pas. » Il est comme ça, nosse Willie : c’est le bon sens fermier près de chez nous, une manière de parler directe qui plait à tout le monde mais surtout un discours résolument ambitieux qu’il a retiré de son expérience personnelle en Allemagne. « A l’époque, un soigneur de Schalke m’a dit quand on est en quart, c’est qu’on veut aller en finale  ». C’était donc lui, son fameux mentor secret, qui lui a sans doute transmis son instinct du ventre, ce fameux « buijkgevoel » qui lui fait prendre toutes les bonnes décisions en matière de changement ? Ecoute, comme dirait Marc, va falloir trouver un nouvel instinct de malade lors du match face aux Argentins : après Maradona en 1982 et 1986, va falloir se coltiner Messi.

On verrait bien Steven Defour (mais oui, le copain de la miss qui écrit des chroniques de fou dans la déhache) rôder dans les parages avec ses couteaux à steak mais disons qu’il a une fâcheuse tendance à récolter du rouge en ce moment. Ou Ciman. Mais l’arme serait très très secrète alors.

L’affiche de la journée

En attendant le plat principal de samedi, sur le coup de 18 heures, au moment même où Bart De Wever organisera une marche parrainée pour récolter des sousous afin de scinder la Belgique en deux, il y aura deux hors-d’œuvre alléchants, ce soir, pour les deux premiers quarts de finale de ce Mondial. A 18 heures, on aura aussi droit à d’émouvantes retrouvailles franco-allemandes. On le sait, les deux pays sont un peu en froid footballistiquement parlant, depuis la collision frontale survenue en 1982 entre Harald Schumacher et Patrick Battiston. Surnommé par la presse française le « boucher de Séville », le gardien allemand, qui a encore récemment affirmé « ne pas regretter son geste  », prédit une victoire 2-1 de la Mannschaft, qui s’appuie sur un vrai grand gardien. La question qui s’impose, quand on a vu le match face à l’Algérie, c’est de savoir ce qu’il se passerait si le dernier rempart du Bayern, qui a quasiment touché plus de ballons hors de son rectangle que dedans, venait à commettre pareille sortie kamikaze sur Benzema ou Giroud. On n’ose imaginer…

Dans la soirée, on aura droit à ce qui s’assimile comme la véritable tête d’affiche de ces quarts avec ce duel très attendu (et très redouté côté local) entre un Brésil toussotant et une Colombie stupéfiante, sans vilain jeu de mots. Celui qui sortira vainqueur de ce duel sud-américain devra accepter l’étiquette de favori du Mondial… avec les Diables, bien sûr.

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