Abou Bakr Al-Baghdadi, l’homme qui se veut calife

Chef du groupe jihadiste ultra-radical l’Etat islamique, qui a conquis le nord-ouest de l’Irak, il avait le 29 juin proclamé l’établissement d’un califat sur les régions qu’il contrôle en Irak et en Syrie. Il vient d’appeler les musulmans du monde entier à lui obéir…

Journaliste au service Monde Temps de lecture: 3 min

Est-ce vraiment lui qui est apparu sur une vidéo mise en ligne samedi ? Des experts irakiens vérifient l’authenticité des images montrant un homme barbu, portant une abaya et un turban noir, qui aurait pris la parole vendredi dans la grande mosquée de Mossoul, ville du nord de l’Irak tombée aux mains des insurgés de l’Etat islamique. Si cet homme est bien Baghdadi, il s’agirait de sa première apparition publique : jusqu’ici classé « terroriste » par les Etats-Unis, il avait choisi la carte de la discrétion.

Dans l’enregistrement de 21 minutes, il se présente comme le «   calife Ibrahim, émir des fidèles de l’Etat islamique   » avant de haranguer les fidèles : «   Dieu a accordé à vos frères, les moudjahidines, la victoire et une conquête après des années de patience et de sainte bataille, et leur a permis d’atteindre leur objectif. Et ils se sont dépêchés de proclamer un califat islamique et de désigner un imam, ce qui est un devoir pour les musulmans, un devoir qui a été perdu pendant des siècles. J’ai été investi de cette grande charge, de cette lourde confiance. Je suis le Wali (leader) désigné pour vous diriger. Obéissez-moi tant que vous obéissez à Dieu en vous…  »

Mais pour le prédicateur qatari Youssef Al-Qaradaoui, proche des Frères musulmans, le titre de calife doit être « accordé par la nation musulmane entière   » et ne peut être usurpé par un groupe. Surtout que ce « groupe est connu pour ses atrocités et ses vues radicales, ce qui ne sert pas le projet islamique   ».

Pour Will McCants, ancien conseiller en anti-terrorisme au département d’Etat américain, interrogé par l’AFP, « le prêche de Baghdadi n’est pas logique pour ce qui est de la sécurité, mais il l’est tout à fait dans le contexte de sa lutte avec Al-Qaïda pour la direction du jihad au niveau mondial   ».

Baghdadi reste un homme mystérieux : on sait qu’il est né en Irak en 1971 et qu’il aurait rejoint très tôt les rangs des salafistes, bien avant l’invasion US. Il a ensuite adhéré à Al-Qaïda en Irak et présidé des tribunaux islamiques pour intimider la population. En 2005, il est la cible d’une attaque aérienne américaine près de la frontière syrienne et est arrêté, avant d’être relâché en 2009. Il se range alors sous la bannière de l’Etat islamique d’Irak, qui a intégré les combattants irakiens d’Al-Qaïda. A la veille de la Toussaint 2010, son groupe organise notamment une prise d’otages dans la cathédrale de Bagdad qui s’achève par la mort de 46 fidèles et 7 policiers. En 2013, il annonce avoir rebaptisé son mouvement du nom d’Etat islamique en Irak et au Levant (devenu depuis l’Etat islamique), avant de se séparer de la direction d’Al-Qaïda.

Le fil info

La Une Tous

Voir tout le Fil info
Sur le même sujet La UneLe fil info

Allez au-delà de l'actualité

Découvrez tous les changements

Découvrir

À la Une