Des «normes» pour urbaniser douze hectares

Le dossier de Merbraine, 12 hectares à urbaniser dans le quartier du même nom, à proximité de la rue du Charron, est un « classique » du conseil communal. Cela fait quinze ans que des promoteurs remettent des propositions pour aménager cette vaste zone ! Mais les riverains sont mobilisés pour éviter une trop grande densification et le collège est sur la même longueur d’ondes, recalant les projets les uns après les autres.

Sauf qu’il y a deux ans, un promoteur a mis la commune en demeure d’avancer sur ce dossier. Il a donc été décidé de passer par un plan communal d’aménagement (PCA) qui fixe des balises pour la future urbanisation de la zone. La version définitive du document a été soumise au dernier conseil communal.

À proximité des habitations, près de la rue du Charron, le PCA recommande des « quatre façades » sur des lots de 10 ares. Et plus on remonte vers l’avenue Hugo, plus le logement est dense avec le maintien de l’exigence de logements de 120 m2 minimum.

Pour l’échevin Jean-Marc Wautier (MR), le PCA est un outil pour contraindre les promoteurs à respecter certaines limites, et éviter un « patchwork » dans la zone. Pas de quoi convaincre le groupe IB, contre ce dossier. Pour Olivier Vanham, les 15 ans d’allers-retours et les multiples enquêtes publiques montrent le malaise du collège sur la question. Aujourd’hui, avec de prochaines échéances électorales fixées à 2018, le moment est sans doute venu de « laisser partir le dossier ».

Et la mobilité ?

Avec des questions non résolues… Dont l’épineux problème de la mobilité tout autour de la zone, en l’absence d’un grand contournement de Braine qui tarde à se concrétiser. De plus, la norme des logements n’assure pas la mixité sociale.

« Il n’y a pas de fébrilité politique sur ce dossier qui est déjà revenu lors d’échéances électorales, a répondu le bourgmestre Vincent Scourneau. Si depuis 1998, il n’a pas évolué, c’est parce qu’on a toujours pris les intérêts du quartier en compte. Mais il y a aussi les droits des propriétaires. Il faut avancer, sinon on risque une procédure qui va nous coûter très cher… »

Côté Écolo, on s’abstient. Ces 12 hectares près du centre seront urbanisés un jour. Et le PCA, objectivement, propose un bâti qui s’intègre à ce qui existe en assurant une certaine densité là où elle sera moins dérangeante. Cependant, il faut promouvoir des transports publics, des possibilités de mobilité alternative et mettre en œuvre des zones infranchissables, ainsi qu’une circulation en boucle pour préserver la quiétude des riverains.

Pour le collège, le PCA ne change rien au fait que l’intérêt des riverains sera préservé. « Mais si on parle d’orienter les sorties vers l’extérieur, c’est difficile à défendre quand en même temps, on veut revaloriser le centre, a répondu Vincent Scourneau. On ne peut pas plaider pour les commerces et dire en même temps aux gens qu’on ne veut pas voir leur voiture ! »

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