«Cher, le bio? J’investis pour ma santé»

Un dîner sain et bio, voici ce que nous propose gentiment Anne Gailliez lors de notre rencontre. Au menu : potage, salade et fromage. « Certains produits viennent de mon potager », précise-t-elle, alors qu’elle vit en plein centre de Namur. « Je vis en appartement, donc je partage un potager à Salzinnes, tout près de mon travail. C’est la deuxième année que j’y vais. C’est super-gai car on rencontre des gens, on partage des plants et la terre. »

Pour Anne, le déclic de l’alimentation durable s’est produit il y a trois ans, suite à la lecture du Livre noir de l’agriculture : comment on assassine nos paysans, notre santé et l’environnement (Edition Fayar) signé Isabelle Saporta, complétée par des articles et des documentaires sur l’environnement. «  Je suis partie de cela et j’en suis arrivée à l’alimentation saine. »

Mais il n’y a pas que la nourriture bio qui retient son attention. « Cela fait partie du grand ensemble que forment les questions environnementales auxquelles je suis sensible. En plus du bio, j’essaie d’acheter des habits fabriqués en Europe et pas dans des pays asiatiques comme le Bangladesh ou la Chine.  »

De plus, l’an dernier, Anne s’est donné plusieurs challenges, avant même le Défi alimentation durable lancé à douze ménages namurois par Inter-Environnement Wallonie et Espace Environnement. « Je me suis fixé un objectif mensuel : un mois sans emballage, un sans viande… Je n’ai pas encore tout à fait abandonné les emballages. Mais au moins, j’essaie. »

Le bio fait donc partie intégrante du quotidien d’Anne, bien qu’elle n’ait pas lâché la nourriture « standard ». «  Je vais encore un peu au supermarché et j’achète parfois des produits conventionnels, même si cela me fait mal. Puis, il m’arrive de manger chez mes proches et au resto. »

Le bio est-il accessible financièrement ? « Si on compare un produit blanc de supermarché et un produit bio, oui, ce dernier sera plus cher. Mais dans une grande surface, tout est fait pour nous inciter à acheter de nombreux produits dont on n’a pas vraiment besoin. Dans les magasins bio, c’est assez spartiate et il n’y a pas de promotions. »

Du coup, l’addition peut même se révéler moins salée à la sortie d’une épicerie bio. « Quand on fait ses courses dans un supermarché, on achète trop et on finit par jeter beaucoup. Les détracteurs du bio qui affirment que c’est cher ne pensent pas à la globalité du caddie de supermarché dont une partie file à la poubelle. A mon sens, le bio n’est pas plus cher au total. »

Et même si c’est un peu plus coûteux, qu’importe car le bio est sain et bon pour l’organisme, estime Anne. « J’investis pour ma santé. J e ne fais pas attention au prix du bio. Mon frigo est souvent vide, je n’achète pas d’articles inutiles. Je prends des aliments qui remplissent plus l’estomac. Je mange moins et cela me coûte donc moins cher. »

Ce mode de vie n’est pas une pénitence, assure Anne. « C’est même un plaisir ». Outre les effets bénéfiques d’une alimentation saine et sur la santé, Anne pense également aux autres et à l’environnement. « Je mange des aliments produits dans le respect de la planète. On n’a qu’une seule terre et une seule santé, il faut les préserver. »

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DAD