Le poil, plus tendance que jamais

En cette période estivale, le poil est partout, et en même temps nulle part. Rasoir, crème dépilatoire, cire, mousse et (oh bonheur) esthéticiennes sont de sortie. Très peu de femmes arborent en effet des jambes ou des aisselles poilues, (et ne parlons pas du maillot).

Certaines aujourd’hui ont pourtant décidé de se rebeller contre ce diktat qu’elles jugent bien encombrant. Le tumblr Hairy Legs Club rassemble toutes ces femmes qui ont besoin de s’exprimer à ce sujet. Elles y témoignent et postent des photos de leurs jambes fièrement poilues. « J’aime mes jambes poilues. J’ai essayé de m’épiler mais ça me fait beaucoup trop mal ! », explique l’un d’entre elles sur cette page. « Vous m’inspirez et je vais essayer d’avoir plus confiance en moi et d’accepter mon corps même avec des poils.  »

Une tendance au poil !

Et le poil serait même être tendance. Du film « Tracks », où l’actrice Mia Wasikowska se laisse filmer poilue des aisselles aux cuisses, au hashtag #BodyHair sous lequel des twittos postent des photos d’eux non épilés, en passant par le photographe Ben Hopper qui a réalisé une série de photos de femmes exhibant leurs aisselles naturelles, tous portent cette même revendication, résumée par le photographe pour le Huffington Post  : « Je ne dis pas que les femmes devraient commencer à se laisser pousser les poils sous les bras. Je pense juste que c’est une possibilité que les gens ne devraient pas rejeter. J’aimerais seulement que les gens remettent en cause (les canons de beauté), de manière générale. »

Loin d’être une simple question esthétique, le poil pose des questions sociale ou politique.

Un poil qui dérange

Si une véritable guerre contre le poil fait rage depuis des années, c’est qu’on fait peser sur notre pilosité des normes religieuses, esthétiques, sociales ou encore individuelles. Frontière supposée entre humain et animal ou entre la nature et culture, le poil est aussi un signe de distinction entre l’homme et la femme et n’inspire que le dégoût quand il est porté par l’une et la totale indifférence quand porté par l’autre…

Quoique. Signe des temps ou de l’avidité de quelques-uns, ayant compris qu’un marché s’ouvrait du côté masculin, une célèbre marque de rasoir a posté en février dernier une vidéo pour montrer aux plus viriles d’entre nous la marche à suivre pour un maillot des plus glabres… ou comment complexer l’autre moitié de l’humanité qui n’en demandait sûrement pas tant. D’autant plus drôle qu’une partie des critiques estime qu’il est « trop féminin » de se raser. Revoilà le nerf de la guerre.

Car l’absence de poil reste un signe d’enfance et d’innocence, puisque c’est à la puberté qu’apparaissent les premiers poils. Autant de caractéristiques que l’on prête plus facilement aux femmes qu’aux hommes et un diktat de l’épilation qui infantilise les femmes.

De l’utilité du poil

Poil chassé, poil rasé, poil coupé… mais poil utile ! Les poils aident notamment à contrôler la transpiration du corps. À la manière d’un t-shirt, le poil absorbe la sueur en ralentissant la déshydratation.

Placés sur notre peau, les poils font également partie du sens du toucher. Leurs récepteurs avertissent le corps de la température et de ses écarts locaux et de ses variations. Ils sont pour beaucoup dans les caresses et la sensibilité de notre peau. Le poil est en effet un capteur sensoriel relié au système nerveux. Chaque poil est de plus relié à une glande sébacée, qui envoie de l’huile sur la surface de la peau et la lubrifie en permanence participant ainsi a en conserver la douceur.

Les poils, cheveux pourraient aussi contribuer à la détoxication de l’organisme. Une partie de toxiques tels que le plomb, le mercure ou l’arsenic s’y accumulent. Ces toxiques sont absorbés via l’alimentation ou la respiration. Les poils protègent encore (notamment le pubis) contre les chocs et les frottements.

Autant de fonctions très peu reconnues dans notre société moderne, où le poil fait plus que jamais débat.

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Huffington Post