La «Dynamobile» sensibilise les élus

Ce jeudi matin, 175 cyclistes ont pris la route au départ d’Arlon, direction Fribourg-en-Brisgau, une ville réputée pour sa politique proactive en matière de développement durable. Cette « Dynamobile » veut sensibiliser les élus et la population à l’importance de l’usage du vélo, du partage plus équitable de la voie publique, d’une mobilité plus souple, de modes de déplacement moins coûteux et de la complémentarité entre le vélo et les transports en commun, en particulier le train.

Depuis 1995, cette « Dynamobile » sillonne nos routes, au départ de Bruxelles en direction de villes belges ou étrangères, pour des parcours entre 500 et 600 km sur une semaine.

Cette fois, c’est à Arlon que tout a démarré, car « il y a là une équipe dynamique du Gracq local (Groupe de recherche et d’action des cyclistes quotidiens) », dira la présidente de Dynamobile. Un groupe qui voici quelques jours avait sensibilisé les automobilistes aux « SUL », les sens uniques limités que les cyclistes peuvent utiliser à contresens, ce que peu d’usagers à 4 roues savent, même si des panneaux le signalent. Arlon possède trois tronçons de ce type.

Si les cyclistes ont été accueillis mercredi soir sur les hauteurs de Saint-Donat, c’est au départ de l’hôtel de ville que ce jeudi, ils ont pris la direction de Fribourg où ils arriveront mercredi. L’échevin Kamal Mitri a estimé qu’il s’agissait d’un message clair. « Vous avez pu rouler à 175 vélos sans embûche. Vous prouvez ainsi qu’il y a moyen de partager l’espace public entre divers modes de transport, dans le respect de chacun. Le nouveau plan de mobilité qui est en cours de rédaction étudie désormais ces moyens-là. »

Il est vrai que jusqu’ici, la Ville n’a guère privilégié la mobilité douce dans ses aménagements. « Il faut voir le positif et espérer que le nouveau plan corrigera le tir, mais les efforts à faire seront énormes, estime Halinka Nagoda, du Gracq local. Nous continuerons donc à promouvoir le vélo dans le chef-lieu et à être attentif à ce qui peut se faire. »

Kamal Mitri ne cache pas que « la mobilité douce était l’élément manquant de l’ancien plan de mobilité. Il y a une prise en compte des piétons, mais les cyclistes sont le parent pauvre. Le chantier est énorme et tout le collège est désormais bien conscient de cette lacune. On vient d’ailleurs d’engager un deuxième conseiller de la mobilité, à mi-temps, qui planchera sur ce plan. Les nouveaux projets que nous mettrons en œuvre prendront en considération cette sensibilité-là. Des choses relativement simples, comme des marquages au sol, peuvent se faire. Mais il faut établir un schéma cohérent sur l’ensemble, qu’il y ait des liaisons et un vrai maillage entre la ville et les villages. Il est clair aussi que le Luxembourg voisin est intéressé par des prolongements de son superbe réseau cyclable. »

Mais pour cela, il faut aussi que tous les pouvoirs publics avancent dans cette direction… « C’est clair, poursuit l’échevin. On a récemment vu une vidéo d’un cycliste qui venait de Steinfort vers Arlon et toutes les épreuves qu’il a dû subir, faute de cohérence le long du réseau régional. Au niveau local, je pense qu’on peut envisager de petites choses : du “parcage vélo” devant l’hôtel de ville, par exemple. Dans le cadre de la rénovation de la gare, on envisage aussi du “parcage” et de la location de vélos. Idem avec l’office du tourisme, avec lequel on pourrait prévoir une mise à disposition de vélos électriques pour les touristes. Ce serait un plus. »