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Kris Peeters et Charles Michel nommés formateurs

Dès l’annonce de la coalition suédoise, les réactions négatives ont afflué.

Par la rédaction

Temps de lecture: 7 min

Le roi a reçu mardi la note de l’informateur Charles Michel. En fin d’après-midi, le Palais a annoncé la nomination d’un duo de formateurs : Charles Michel (MR) et Kris Peeters (CD&V). Il s’agit d’une première dans la longue et mouvementée histoire des formations gouvernementales en Belgique. Pour Caroline Van Wynsberghe, politologue à l’UCL, il s’agit d’une manœuvre pour permettre aux francophones de continuer à peser dans les prochaines discussions.

Habituellement, bien que certains précédents existent, le formateur devient ensuite Premier ministre. Le choix d’un duo est dès lors assez curieux, mais s’explique, selon Caroline Van Wynsberghe, par la volonté « d’impliquer le plus grand nombre possible » dans la formation d’un gouvernement déjà critiqué avant d’être mis sur pied.

Le couple de formateur est donc une assurance pour le MR, seul parti francophone actuellement impliqué dans la formation, d’être entendu. Une manœuvre qui « ne facilitera pas les discussions » selon la politologue, mais qui démontre surtout que cette coalition dite « kamikaze » ou « suédoise » « est prise très au sérieux ».

Si ces négociations venaient à aboutir, le ministre-président flamand sortant Kris Peeters devrait, sauf coup de théâtre, devenir Premier ministre.

Pour Ecolo, « le MR a privilégié les postes ministériels »

Les réactions n’ont pas tardé. Ecolo a expliqué que « face à cette dérive confédéraliste et à cette majorité des droites et des nationalistes qui s’annonce, Ecolo mènera, avec Groen, une opposition vigilante et forte pour défendre la solidarité et l’unité du pays ». Les verts annoncent encore leurs craintes à l’égard de la politique énergétique, environnementale, sociale, ferroviaire, etc.

PourEcolo, « le PS a allumé la mèche en mettant en place une stratégie confédéraliste qui a consisté à mettre rapidement les majorités régionales en place et « à y étendre son pouvoir avec la complicité du cdH ». « Il n’en a pas fallu plus pour pousser le MR à également privilégier l’obtention de postes ministériels et renoncer à ses engagements préélectoraux adressés aux citoyens francophones quant à l’impossibilité de constituer une alliance avec la N-VA », ajoutent-ils.

Le PS prend acte du « reniement » des libéraux

Le PS a fait savoir mardi qu’il prenait acte du « reniement » du MR qui a annoncé son entrée en négociations avec le CD&V, l’Open Vld et la N-VA. « Le PS rappelle que le MR avait promis aux citoyens que s’il avait la main, il ne s’associerait jamais avec la N-VA, parti séparatiste », souligne le parti socialiste dans un communiqué.

Le MR représente 20 sièges sur les 63 sièges francophones au Parlement fédéral, « c’est-à-dire une très nette minorité », constatent les socialistes. « Le PS craint que cette forte sous-représentation francophone au gouvernement fédéral ne soit une menace pour le bien-être des francophones, Wallons et Bruxellois », conclut le parti.

Selon cdH, le MR n’a tenté aucune formule sans la N-VA

Le cdH a pris acte mardi de la décision prise par le MR d’entrer dans une négociation associant la N-VA. Selon le président du parti centriste, Benoît Lutgen, « ce choix est guidé par la seule volonté de se retrouver à n’importe quel prix au pouvoir ».

Le cdH s’en prend également à la façon dont le président du MR, désigné informateur par le Roi, a mené sa mission. A lire M. Lutgen, Charles Michel n’a pas tenté de jeter les bases d’une majorité sans les nationalistes flamands.

« La seule proposition orale ou écrite que le cdH a reçu de l’informateur depuis le début de sa mission était une demande du MR de participer aux gouvernements régionaux avec le parti socialiste. A aucun moment une proposition de coalition sans la N-VA n’a été proposée par l’informateur et aucun projet de base de discussion sur le fond n’a été présenté », a affirmé le président. A ses yeux, ceci démontre qu’il n’y avait aucune volonté d’associer le cdH à un projet qui corresponde à ses attentes.

« Les seules discussions de coalition ont donc eu lieu entre les futurs partenaires de la coalition kamikaze », dit encore le cdH qui n’a pas manqué de rappeler une déclaration de M. Michel, avant les élections : «  Là où nous aurons la main après les élections, ce sera sans la N-VA. Je n’ai aucune confiance en la N-VA ».

FDF : « La coalition de tous les reniements »

Les Fédéralistes Démocrates Francophones (FDF) ont sévèrement attaqué mardi le MR. «  Si la coalition « kamikaze » devait se confirmer, ce serait la coalition de tous les reniements de la part du MR. Ce serait la coalition dominée par le nationalisme flamand de la N-VA et du CD&V, qui mettrait en péril l’avenir même du pays », a commenté leur président Olivier Maingain dans un communiqué.

Et celui-ci de juger : « En définitive, Didier Reynders disait la vérité lorsqu’il marquait sa préférence pour la N-VA et Charles Michel n’était qu’un hypocrite lorsqu’il prétendait que jamais le MR ne s’allierait avec le parti de Bart De Wever ».

En conclusion, M. Maingain invite tous les électeurs du MR, « qui croyaient en la force du discours francophone de Jean Gol, à abandonner ces dirigeants du MR qui ne seront que les nervis de la N-VA ».

Les syndicats timorés

Les syndicats réagissent de manière timorée à l’annonce de la formation d’un gouvernement fédéral de type « suédois ». « Nous formulons beaucoup de craintes et resterons vigilants », a prévenu Anne Demelenne, la secrétaire générale de la FGTB. Le syndicat socialiste déplore que la N-VA soit « soudainement devenue fréquentable aux yeux du MR », indique Mme Demelenne. Elle s’inquiète de la politique que mènerait un gouvernement orienté à droite pour les travailleurs et les allocataires sociaux. Anne Demelenne rappelle au futur gouvernement que parmi les partenaires sociaux figurent les syndicats, et que ceux-ci s’opposeront avec force à toute politique d’austérité.

Le Mouvement ouvrier chrétien (MOC) ne se réjouit pas non plus de l’annonce d’une formation entre les tenants d’une coalition suédoise. « Un parti avait dit ne pas vouloir négocier avec la N-VA, il n’a pas tenu parole », dénonce le MOC, tournant le regard vers le MR. Le mouvement craint des mesures socio-économiques mettant en péril les acquis sociaux. « La réforme fiscale ne sera pas budgétairement neutre, nous craignons que ce soient les allocataires sociaux qui paient l’addition. »

Le syndicat libéral se refuse quant à lui à « poser un jugement a priori », déclare Olivier Valentin, secrétaire national de la CGSLB. « Ce ne sont pas les partis qui comptent, mais le programme », commente-t-il, espérant que l’informateur aura tenu compte des remarques formulées par les syndicats lors de leur rencontre. Il admet que certains éléments du programme de la N-VA génèrent des craintes dans le chef des travailleurs, mais souligne qu’un gouvernement de coalition doit de toute façon aboutir à un compromis.

La FEB : « Un élément positif pour la confiance des investisseurs »

La FEB constate avec joie que la formation des gouvernements des entités fédérées et de l’Etat fédéral a subi un coup d’accélérateur ces derniers jours. « C’est un élément positif pour la confiance des investisseurs, qu’ils soient belges ou étrangers, ainsi que pour celle de la population et des entreprises », estime la FEB.

Le patron des patrons constate qu’il « existe une volonté de mettre sur pied un gouvernement fort qui proposera des solutions structurelles aux défis contemporains que sont le vieillissement de la population, l’emploi et le fonctionnement efficace de l’administration ». Pieter Timmermans estime qu’il faut maintenant persévérer dans cet élan positif. «  Nous avons rapidement besoin d’un gouvernement fédéral fort qui cherche à mettre en oeuvre un pacte à trois volets : un pacte de concurrence, un pacte énergétique et un pacte d’efficacité pour l’administration. »

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