L’après-élections : les incohérences

La partie d’échecs que se livrent les partis politiques depuis les élections pose quelques questions. Tentative de réponse.

Journaliste au service Web Temps de lecture: 4 min

1. Un seul parti francophone au fédéral

Le MR est le seul parti francophone qui sera représenté au fédéral. «  Les francophones sont déjà minoritaires en Belgique et voilà maintenant qu’on nous propose un éventuel gouvernement où ils ne représentent même pas un tiers des francophones. C’est quelque chose de très grave vis-à-vis de la cause francophone », a constaté la socialiste Laurette Onkelinx

Pas de problème, rassure Charles Michel   : « Mon ambition, c’est de défendre avec ténacité les intérêts des francophones».

Il s’agit toutefois d’une formule inédite. C’est la première fois qu’il y aura une telle disproportion côté francophone. Explications.

«  Ce n’est pas la première fois qu’il y a un seul parti francophone. Après la guerre, on a eu un gouvernement monocolore entre 1950 et 1954, qui était social-chrétien - le PSC avec le CVP - mais c’est en tout cas la première fois depuis qu’il y a une telle disproportion depuis qu’on a les rôles linguistiques entre la majorité du côté nordique et entre la majorité du côté francophone  », commente le politologue Pascal Delwit.

«  La coalition kamikaze va rassembler deux tiers des députés néerlandophones alors que du côté francophone on n’est qu’à un tiers. C’est une formule assez inédite. »

2. « Jamais avec la N-VA »

Le MR a fait le choix d’être au fédéral avec la N-VA de Bart De Wever alors que Charles Michel avait assuré avant les élections qu’il ne « négocierait jamais avec la N-VA ».

La donne a changé s’est justifié, le président du MR. Les élections ont conforté la position de la N-VA. Le CD&V a aussi clairement signifié qu’une coalition n’était pas possible sans la N-VA. La N-Va a décidé de mettre de côté l’institutionnel.

«  Il faut trouver des coalitions, des formations qui ont envie de se mettre d’accord sur des priorités, ce qu’a fait la N-VA  », explique Charles Michel.

3. Les promesses non tenues

Paul Magnette (PS) et Maxime Prévot (CDH) avaient tous les deux promis de s’occuper de leur ville. L’un, Charleroi. L’autre, Namur. Mais ce n’est pas le cas en raison de leurs nouvelles responsabilités. Paul Magnette va cumuler mayorat et présidence de la Région wallonne tandis que Maxime Prévot sera ministre de la Région wallonne et bourgmestre.

«  Ce sont des choix et des déclarations déconcertantes pour le citoyen. Il faut rappeller tant à Maxime Prévot que Paul Magnette qu’ils doivent faire attention à leurs déclarations car on pourrait être pas loin d’un conflit d’intérêts. La fonction de bourgmestre et de ministre sont deux fonctions différentes. Un ministre n’a pas à défendre prioritairement sa ville si non il est dans un conflit d’intérêts », commente le politologue Pascal Delwit.

« Je crois qu’il faudrait une marque symbolique du fait qu’il y ait un décumul et qu’on nomme non pas un échevin délégué à la fonction mayorale mais véritablement un bourgmestre faisant fonction », commente le politologue.

4. Fédéral et entités  : pas les mêmes majorités

La discussion sera plus difficile entre le fédéral et les entités fédérées. Pourquoi  ? « Car il y aura une discussion entre le fédéral, les entitées fédérées et les pouvoirs communaux. Cette discussion va mettre côté francophone pour la première fois de l’histoire, un état fédéral où aucun des partis membres de la majorité au niveau de la région wallonne et de la Fédération Wallonie-Bruxelle n’est présent au niveau du fédéral. Ce sera plus dur d’aboutir à un compromois, c’est évident », souligne Pascal Delwit.

5. Région et Fédération : treize ministres dont trois femmes

On est loin de la parité. Une seule femme, Eliane Tillieux, sera ministre à la Région wallonne aux côtés de sept autres ministres masculins.

À la Région bruxelloise, Joëlle Milquet et Isabelle Simonis seront les deux seules femmes ministres accompagnées de cinq messieurs.

6. Région et Fédération Wallonie-Bruxelles  : deux ministres présidents

« C’est en discordance par rapport avec ce qui avait été annoncé il y a quelques années », explique le politologue Pascal Delwit. « Deux ministres, ce n’est pas nécessaire. (...) On va dans des voies qui sont moins intégrées que ce qui était imaginé, il y a quelques années ».

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