La Serbie marque le centenaire de la déclaration de la Première guerre mondiale

Nous nous rappelons aujourd’hui de l’héroïsme de nos ancêtres et de tous ceux qui ont répondu à la mobilisation il y a exactement cent ans», a déclaré le Premier ministre serbe Aleksandar Vucic. Son cabinet s’est réuni à Nis (sud), la capitale serbe au début de la Première guerre mondiale, dans le même immeuble où le gouvernement serbe de l’époque, dirigé par Nikola Pasic, a reçu le télégramme par lequel Vienne déclarait la guerre à la Serbie.

Cette déclaration de guerre survenait un mois jour pour jour après l’assassinat à Sarajevo par un jeune nationaliste serbe, Gavrilo Princip, de l’héritier de l’Empire austro-hongrois, l’archiduc François-Ferdinand, et de son épouse Sophie.

«Dieu et notre peuple nous ont apporté la victoire, même si nous en avons beaucoup perdu alors. Durant cette guerre, nous avons perdu 1.200.000 personnes, ce qui représentait environ 28% de la population de notre nation», a précisé M. Vucic.

L’attentat de Sarajevo a convaincu l’Autriche-Hongrie qu’il fallait en finir avec la Serbie indépendante, soupçonnée d’alimenter l’agitation nationaliste des peuples slaves de l’Empire, notamment en Bosnie, annexée par Vienne en 1908.

Cinq semaines après l’attentat, entraînées par leurs rivalités, leurs peurs, leurs alliances et l’aveuglement de leurs dirigeants, les grandes puissances européennes sont entrées en guerre.

En 1914, l’armée serbe a résisté avec succès aux offensives de l’armée de l’empire, enregistrant plusieurs victoires emblématiques à Cer (ouest) en août et dans la vallée de la Kolubara de novembre à décembre. Mais en 1915, une offensive des forces austro-hongroises, allemandes et bulgares font fléchir l’armée serbe sous-équipée et épuisée. Les autorités décident alors d’un retrait vers l’Albanie et l’île grecque de Corfou où l’armée et les responsables serbes ont pu reprendre des forces et se réorganiser.

Au printemps 1916, le contingent serbe est transféré de Corfou vers la région de Thessalonique, grâce à une importante aide logistique de l’armée française, où les Serbes rejoignent les unités des alliés.

Le 15 septembre 1918, les alliés, avec les forces serbes en tête lancent une grande offensive pour percer le front à Salonique. L’armée bulgare capitule alors que les forces serbes enregistrent d’importants succès et libèrent tout le pays vers la fin octobre.

La Grande guerre laissera l’Europe exsangue: 10 millions de morts et 20 millions de blessés parmi les combattants, et des millions de civils tués.