Deux cigognes noires abattues

Dimanche dernier, à Crombach (Saint-Vith), un cycliste aperçoit un oiseau blessé et en avertit un garde du Département Nature et Forêt. Il s’agit d’une cigogne noire, retrouvée morte, à 900 m de l’endroit où le cycliste l’avait vu, perforée d’une dizaine de balles de plomb.

Le lundi suivant, les gardes du cantonnement de Saint-Vith se rendent au même endroit où ils trouvent une deuxième cigogne blessée. Ils l’amènent au centre de revalidation de Theux où le vétérinaire prend la décision de l’euthanasier, vu l’importance de ses blessures. Natagora

La cigogne noire, plus petite et plus farouche que sa cousine la cigogne blanche, est protégée par la « directive oiseaux » de l’Union européenne et bénéficie du statut de protection Natura 2000.

Persécutée par le passé, elle avait complètement disparu depuis la fin du 19ème siècle. Elle ne se réinstalle en Europe occidentale que dans les années 70-80 et ne refait son apparition en Wallonie que depuis le début des années 80.

Son retour est dû à l’amélioration du climat de protection et au vieillissement de nos forêts. En effet, son nid, fait de branchages, est construit en haut des arbres ou des escarpements de falaises. Elle aime les zones humides, se nourrissant d’amphibiens, d’insectes et de poissons. D’après Natagora, « il se peut qu’elles aient été abattues par un propriétaire d’étang, peu soucieux de la biodiversité et de la faune sauvage. »

Cet oiseau migrateur a bénéficié des vastes travaux de restauration de ses habitats en Ardenne, qui ont mobilisé des moyens considérables dans le cadre de programmes LIFE et Interreg. Malgré cela, on ne compte aujourd’hui qu’une petite centaine de couples sur le territoire wallon.

Une enquête est en cours pour trouver le coupable. Natagora précise que « Les amendes et peines encourues sont loin d’être anecdotiques pour une espèce protégée comme la cigogne noire » et s’insurge contre « ce comportement crapuleux et immature ! »