Journée noire pour la Banco Espirito Santo

Deux filiales de la holding Espirito Santo Financial Group (ESFG), premier actionnaire de la banque portugaise BES, ont annoncé vendredi, coup sur coup, ne pas être en mesure d’honorer leurs dettes et ont déposé le bilan.

Dans l’incapacité de régler ses dettes, Espirito Santo Financière, filiale d’ESFG au Luxembourg, a demandé vendredi soir à être placée sous le régime de gestion contrôlée par les autorités luxembourgeoises.

Quelques minutes plus tard, Espirito Santo Financial Portugal (ESFP) a déposé le bilan au Portugal, reconnaissant son «incapacité à honorer ses engagements» en matière de dette. C’est à travers cette filiale que Espirito Santo Financial Group détient 20,1% de la banque BES. Les deux sociétés ont ainsi emboîté le pas aux trois holdings principales de l’empire familial Espirito Santo, Espirito Santo International (ESI), Rioforte et ESFG.

Le titre dévisse de 40 %

La Bourse de Lisbonne a chuté vendredi de 3,04 % à la clôture, à 5.797,67 points, emportée par une nouvelle dégringolade de Banco Espirito Santo, dont le titre a été suspendu par les autorités boursières.

Au moment de la suspension, la banque, qui a plongé en séance de plus de 47 % à un nouveau plus bas historique, dévissait de 40,30 % à 0,12 euro, deux jours après avoir publié une perte historique de 3,57 milliards d’euros.

En un mois, le titre a perdu plus des deux tiers de sa valeur et la capitalisation boursière de la banque est passée vendredi sous le seuil du milliard d’euros, à 674 millions d’euros.

Vers une intervention de l’Etat portugais

Désormais, la banque centrale n’écarte plus une intervention de l’Etat, qui dispose encore de 6,4 milliards d’euros de l’enveloppe allouée aux banques dans le cadre du plan de sauvetage du pays. Selon la presse portugaise, le gouvernement et la Banque du Portugal étudient le scénario d’une intervention de l’Etat, avec le concours d’investisseurs privés.

L’affaire Banco Espirito Santo préoccupe au plus haut point le gouvernement portugais, dont le porte-parole, Luis Marques, a reconnu jeudi que «  c’est un revers important pour l’économie du Portugal, vu la dimension du groupe qui traverse une grave crise ».