Typh Barrow, le temps d’une voix

sera au Brussels Summer Festival ce 17 août.

Journaliste au service Culture Temps de lecture: 3 min

Typh – Typhène pour les intimes – c’est d’abord une voix. Et quelle voix! Comparable aux plus grandes, gorgée de soul, grave et profonde, fêlée juste là où il faut, vintage à mort. «Ça ne me dérange pas que les médias citent Adele ou Amy Winehouse en parlant de ma voix. Jamais je ne m’en lasserai d’être comparée à mes deux idoles. Je suis flattée et estomaquée. C’est le meilleur compliment que je puisse entendre même si de mon point de vue, je n’ai aucune envie de leur ressembler.» D’autant plus que Typhène, pianiste, est aussi auteur et compositrice de ses propres chansons.

Et oui, cette perle est bruxelloise. Cela fait quelques années qu’elle se fait entendre dans les bars, avant internet. Jusqu’à cette série de quatre concerts aux récentes Francofolies de Spa. «Il y avait de plus en plus de monde au fil des jours, grâce au bouche à oreille, c’était incroyable.» Même si Typhène est encore jeune, ceci est le fruit d’un déjà long parcours puisque c’est à l’âge de 5 ans que cette fille d’un architecte polonais (Baworowski de son vrai nom) et d’une professeur de langues se met au piano, avant de passer au solfège à 8 et à l’écriture de chansons à 12: «Pour avoir un peu d’argent de poche, j’ai commencé à être serveuse à 14 ans, à la côte. Un jour, j’ai demandé à pouvoir chanter après le pianiste. Je parle anglais, néerlandais et espagnol car j’aime voyager et quand tu vas toute seule un mois au Costa Rica, il faut bien s’y mettre

Au début, tout n’est pas rose pour autant. Typhène est complexée par sa voix grave que même ses parents confondent avec celle de son grand frère. Au solfège, la prof la met dans le groupe des garçons. Typhène se lance vraiment après sa rencontre, à l’âge de 17 ans, avec François Leboutte, son «coup de cœur amical et musical», devenu son manager. «J’ai toujours voulu être chanteuse. Si j’ai fait un master en droit à l’UCL, c’est parce que je ressentais un manque, à côté de mes cours au conservatoire de jazz. J’avais besoin d’un background, je me suis passionnée pour le droit à la propriété intellectuelle. Mais depuis que je suis toute petite, je dis que je veux être chanteuse

Typhène devient donc Typh Barrow, investissant elle-même avec François Leboutte au sein de Doo Wap, des démos piano-voix qui séduisent des gens comme le producteur français Volodia (cf. Obispo) ou, pour le mastering, l’homme du 21 d’Adele, Tom Coyne. Des pros qui acceptent de casser leur prix pour ce projet indépendant qui grandit aussi grâce à You Tube: «Quand on a posté nos premières chansons, on répondait à la demande des internautes qui me demandaient de reprendre telle ou telle chanson.» Ses reprises ont fait sa célébrité sur le net (plus d’un million de vues, notamment pour son «Gangsta’s Paradise» de Coolio qui a apprécié), mais pas question pour autant de répondre aux annuels appels du pied de The Voice, tant en France qu’en Belgique: «Je ne supporte pas l’échec, c’est maladif. Je ne crache pas sur ces émissions que je suis la première à regarder, mais je n’arrive pas à me projeter dedans. Mon délire, ce sont mes compos, c’est exprimer mon univers

Une autre particularité de Typh Barrow? «Je déteste dire mon âge. J’ai un problème avec le temps. C’est pour ça que mon disque s’appelle Time. J’ai toujours l’impression de ne pas avoir le temps de tout faire. Dormir est une perte de temps pour moi. Je passe ma vie à courir… même sans raison

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