Médicaments en pénurie: «Si le problème est technique, nous sommes démunis»

Depuis plusieurs semaines, les malades sous chimiothérapie sont privés de Litican, un anti-nausées qui les soulage. La forme orale du médicament est temporairement en rupture de stock, pour un problème technique dans la production.

En réalité, les pharmaciens sont de plus en plus souvent confrontés à des pénuries, pour des raisons diverses, dont un épuisement des quotas imposés à chaque pays par les industries pharmaceutiques.

À l’heure actuelle, on dénombre 340 «  médicaments à problèmes », a priori des spécialités contingentées. Par ailleurs, 180 médicaments seraient manquants pour des raisons d’approvisionnement. Au final, c’est près d’un médicament sur vingt qui serait non disponible ou disponible de façon limitée.

Ces médicaments fréquemment en rupture de stock ou dont le quota officiel est épuisé sont principalement des traitements pour des maladies chroniques : asthme, épilepsie, diabète, etc. Souvent des médicaments génériques sont disponibles, mais certaines substitutions sont risquées. Le Professeur Eric Van Den Neste, hématologue à Saint-Luc, affirme qu’il faut parfois « improviser des bricolages (…) Il y a un coût potentiel en termes de vies humaines ».

« Au-delà de la frustration des pharmaciens, le patient est la principale victime »

Pour Alain Chaspierre, deux phénomènes peuvent expliquer la pénurie. L’indisponibilité serait selon lui liée à des raisons techniques (matière première indisponible, problème de fabrication…) devant lesquelles les pharmaciens sont « bien démunis ».

Autre facteur de la pénurie, la limitation. « Ce n’est pas une indisponibilité en soi mais ça oblige le pharmacien à commander le produit en direct à la firme puisqu’il ne peut l’obtenir via son grossiste habituel ». Le secrétaire général rappelle que les médicaments sont les « biens de consommation » qui sont les plus contrôlés au monde : « Le moindre défaut de qualité entraîne directement un retrait et la firme ne recommence à produire que lorsque la fabrication garantit la qualité du médicament […] cela peut prendre du temps. » Alain Chaspierre estime que si la situation est frustrante pour les pharmaciens, « le patient est la principale victime ».

Quelles alternatives pour le patient ?

« Le pharmacien qui connaît bien les alternatives et le niveau des stocks peut les proposer aux médecins et donc souvent trouver des solutions. » Le secrétaire général estime également que si cette solution est impossible, il n’est pas interdit d’envisager d’importer des lots étrangers. Pour la majorité des médicaments, « il existe fort heureusement des alternatives ». Si ce n’est pas le cas, le médecin est alors obligé de modifier la molécule.

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